À la fin du XIXe siècle,
lorsque Wilhelm Röntgen met en évidence un rayonnement
inconnu qu'il baptise X, il n'imagine pas encore les formidables
applications qui découleront de cette découverte
: radiologie, radiothérapie et bientôt énergie
nucléaire. Pourtant, scientifiques et médecins ne
tardent pas à constater, souvent à leurs frais,
les effets néfastes des rayons ionisants.
À la fin des années 1920, les pouvoirs publics prennent
timidement les premières mesures en matière de radioprotection,
mais c'est en 1945 que les explosions atomiques de Nagasaki et
d'Hiroshima font prendre conscience au monde entier de la terrible
capacité destructrice de l'énergie atomique. C'est
dans ce contexte troublé qu’est créé
le Commissariat à l'énergie atomique. Une politique
de surveillance renforcée des travailleurs du nucléaire
est immédiatement mise en place. La loi du 11 octobre 1946
qui instaure la médecine du travail permettra de donner
un cadre à cette surveillance médicale.
Mais le CEA doit prendre en compte les dangers spécifiques
du nucléaire, un domaine où tout reste encore à
inventer. L'organisme met donc en place un service médical
original qui s'appuie très largement sur une structure
de recherche chargée d'étudier les techniques de
détection et les moyens de protection adaptés aux
risques nucléaires. Ensemble, ces pionniers jetteront les
bases de la doctrine en matière de radioprotection.
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