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LE
CYCLE DU COMBUSTIBLE (C. Ringot)
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1.
LES ATOMES
Dans
la nature, la matière, qu'elle soit eau, roche, corps humain, gaz
est formée de molécules qui sont une combinaison d'atomes. Les atomes
sont formés d'un noyau comprenant des protons et neutrons, entouré d'électrons
qui gravitent autour.
Les
protons et électrons sont chargés électriquement, charge positive pour
les protons, négative pour les électrons ; les neutrons sont neutres.
Un atome est électriquement neutre car il comporte autant de protons
que d'électrons.
C'est
le noyau qui est transformé quand une radiation est émise. Tous les
atomes composés d'un noyau ayant le même nombre de protons forment un
élément chimique. Ils ont les mêmes propriétés chimiques même si le
nombre de protons est différent. On les appelle isotopes. Le nombre
plus ou moins grand de neutrons dans le noyau modifie profondément l'architecture
et l'équilibre interne des noyaux. C'est la raison pour laquelle les
propriétés nucléaires des atomes sont toujours très différentes d'un
isotope à l'autre.
Par
exemple, l'uranium élément chimique à l'état naturel est un mélange
de trois isotopes : 234U (92 protons, 142 neutrons), 235U
(92 protons, 143 neutrons), 238U (92 protons, 146 neutrons),
en proportions identiques quelle que soit l'origine. Les atomes de 235U
n'y apparaissent qu'en très faible proportion (0,72% seulement).
De
tous les nucléides de la nature, cet isotope est le seul à posséder
une remarquable propriété : celle de subir facilement la réaction nucléaire
de fission.
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2.
LES TRANSMUTATIONS SPONTANEES – LA RADIOACTIVITE

Dans
la nature, il n'existe pas plus de 90 éléments chimiques. Par contre
il existe 325 nucléides (isotopes) dont 274 sont stables et 51 instables,
qui sont susceptibles de modifier leur structure, de se désintégrer
spontanément. Les noyaux sont instables soit parce qu'ils sont trop
lourds (trop de protons et neutrons), soit parce qu'ils présentent un
nombre trop différent de neutrons et de protons. Lors de leur désintégration
spontanée, les noyaux perdent une fraction d'eux-mêmes sous forme de
particules éjectées à grande vitesse qu'on appelle radiations (radiations
a,b) accompagnées
de rayonnement électromagnétique g.
Depuis
l'origine de l'univers, quelques milliards d'années avant notre ère,
des atomes se sont désintégrés. La plupart ont donné naissance à des
atomes stables. Cependant, quelques-uns sont encore radioactifs (51),
certains comme le 235U poursuivent leur désintégration pendant
des milliards d'années avant de devenir des atomes stables. La durée
de vie très longue de l'uranium explique qu'on le trouve à l'état naturel.
L'activité
d'une matière radioactive est caractérisée par le nombre de désintégrations
par seconde. Les rayonnements émis sont plus ou moins pénétrants
et dangereux suivant leur nature (a,b,g
) et créent des perturbations importantes dans les organismes vivants,
altérant les cellules. Il faut donc s'en protéger.
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3.
LES TRANSMUTATIONS PROVOQUEES - LES REACTIONS
NUCLEAIRES

Il
est possible de provoquer la désintégration des noyaux de manière artificielle
en les bombardant avec des projectiles. Les neutrons constituent une
particule idéale de bombardement. Lorsqu'un neutron rencontre un noyau,
trois phénomènes peuvent se produire:
- le choc élastique (le neutron rebondit sur le noyau et se trouve dévié
et ralenti)
- la capture (le neutron est happé par le noyau)
- la fission : le noyau est cassé en donnant naissance à 2 noyaux de
masse moyenne, et en émettant plusieurs neutrons (2,5 en moyenne)
La
fission est un phénomène rare qui ne peut se produire que sur des noyaux
lourds qui sont très fragiles. Elle n'est provoquée facilement que sur
un seul nucléide de la nature : 235U. Au cours de cette fission,
une énergie énorme est libérée : la fission d'un seul gramme de
235U équivaut à la combustion de plus de 2,5 tonnes de charbon.
Chaque neutron éjecté peut percuter un autre noyau, donc provoquer une
nouvelle fission avec un nouveau dégagement d'énergie, entraînant ainsi
une réaction en chaîne qui, si on ne la contrôle pas, libère une quantité
d'énergie fantastique : c'est le principe de la bombe atomique.
Par
contre, si on contrôle la réaction, en s'arrangeant pour que, à
chaque fission, un seul neutron au lieu des 2,5 émis provoque
une nouvelle fission, on a ainsi dompté la réaction en chaîne.
Les
neutrons émis au cours des fissions peuvent disparaître de trois manières
différentes :
- provoquer une nouvelle fission
- être capturés par des noyaux non fissiles (par exemple les matériaux
de structure du réacteur,238U)
- s'échapper du réacteur.
Il
faut équilibrer ces trois possibilités. Les neutrons émis lors d'une
fission ont une grande vitesse et sont facilement capturés par 238U.
Ainsi, avec l'uranium naturel qui contient plus de 99% de 238U
on a beaucoup plus de captures que de fissions. Pour améliorer la situation,
il faut ralentir les neutrons. C'est le rôle des matériaux dits modérateurs
qui sont d'autant plus efficaces que la masse du noyau rencontré est
voisine de celle du neutron. Le meilleur modérateur est l'hydrogène
; l'eau qui contient de l'hydrogène est ainsi utilisée comme modérateur
dans les réacteurs à eau pressurisée mais cela nécessite d'enrichir
légèrement en 235U (environ 3%).
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4.
LES REACTEURS NUCLEAIRES

Un
réacteur nucléaire n'est rien d'autre qu'un dispositif contenant un
nucléide fissile (235U) et conçu de manière à contrôler la
réaction (en utilisant des matériaux non fissiles capturant des neutrons
et en maintenant les fuites de neutrons hors du réacteur) de manière
que seulement 40% des neutrons émis à chaque fission provoque une nouvelle
fission.
Dans
les réacteurs des centrales nucléaires, l'énergie libérée est récupérée
sous forme de chaleur par un fluide puis transformée en électricité.
Dans
les réacteurs à eau pressurisée qui sont actuellement utilisés en France,
le réfrigérant est de l'eau pressurisée sous forte pression (140 bars)
qui sert aussi de modérateur. Cette eau qui sort à 300°C transmet sa
chaleur par des échangeurs dans lesquels l'eau d'un circuit secondaire
indépendant se transforme en vapeur qui actionne une turbine entraînant
un alternateur qui fournit l'électricité.
Le
circuit primaire (eau sous pression évacuant l'énergie dégagée par l'uranium)
et le circuit secondaire (vapeur d'eau) sont totalement séparés, ce
qui permet d'empêcher la dispersion des matières radioactives.

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5. LE CYCLE DU COMBUSTIBLE

Le
combustible utilisé dans les réacteurs à eau pressurisée est de l'uranium
légèrement enrichi en 235U (%) alors que l'uranium naturel
n'en contient que 0,7%.
Pour
pouvoir être utilisé, l'uranium fait l'objet d'opérations complexes
et de transformations qui constituent ce qu'on appelle le cycle du combustible.
5 . 1 – PROSPECTION, EXPLOITATION DU GISEMENT ET CONCENTRATION
Ce
cycle démarre par la recherche de gisements d'uranium et l'exploitation
de ces gisements.
L'uranium
est un élément peu abondant dans l'écorce terrestre qui en contient
environ 2 à 4 grammes par tonne. On trouve des gisements d'uranium presque
partout dans le monde, mais seuls sont exploités les gisements dont
la teneur en uranium est suffisamment élevée pour que l'exploitation
soit rentable. On estime actuellement que sont rentables des gisements
à des teneurs supérieurs à 500 g par tonne de roche. La teneur moyenne
des gisements exploités en France est de 2000 g par tonne. Les principales
ressources sont situées aux U.S.A., au Canada, en Australie, en Afrique
du Sud, au Kazakhstan. Les réserves mondiales (ressources connues et
estimées) s'élèvent à près de 17 millions de tonnes.
Les
besoins actuels en France avec la capacité nucléaire installée sont
voisins de 9000 tonnes/an.
Chaque
fois que cela est possible, l'exploitation se fait à ciel ouvert, en
carrière, autrement en filons souterrains.
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5
. 2 – LA CONCENTRATION
Les
minerais extraits sont trop pauvres en uranium pour être
transportés tels quels à l'usine d'extraction. On procède
à une pré-concentration sur place. Pour obtenir 1 tonne d'uranium
naturel il faut extraire en moyenne 1000 tonnes de minerai et
remuer plusieurs milliers de tonnes de stériles.
La
concentration comprend 2 opérations principales :
-
une opération mécanique (concassage, broyage de minerai)
-
une opération chimique qui permet d'aboutir à un concentré contenant
75% d'uranium (uranate de magnésie) appelé « yellow cake »
car c'est un solide de couleur jaune.
5
. 3 – LA CONVERSION
Cet
uranate est transporté vers les usines de conversion. L'opération
de conversion a deux buts :
-
éliminer toutes les impuretés absorbant les neutrons
-
transformer le concentré en uranium métal, uranium oxyde ou en
hexafluorure d'uranium (UF6) suivant l'usage qu'on veut en faire.
Ces
opérations sont toutes des opérations chimiques.
Pour
l'utilisation dans les réacteurs à eau pressurisée, il est nécessaire
d'utiliser de l'uranium légèrement enrichi en 235U
(environ 3,5% au lieu de 0,7%). On utilise l'UF6 pour procéder
à l'enrichissement.
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5
. 4 – L'ENRICHISSEMENT
Le
procédé le plus utilisé pour l'enrichissement est la diffusion gazeuse.
Le principe de la diffusion gazeuse s'appuie sur le fait que la diffusion
des molécules de gaz à travers une paroi poreuse est d'autant plus rapide
que la masse de ces molécules est faible.
On
fait passer l'UF6 qui est un gaz à 56°C à travers une multitude de parois
poreuses (dont les porosités sont inférieures à 0,2 micron) à
la sortie desquelles l'UF6 s'enrichit petit à petit en 235U
(qui est moins lourd que 238U). Pour obtenir la teneur en
235U souhaitée, il faut renouveler cette opération en utilisant
des milliers de parois poreuses successives qu'on appelle étages.
A
la fin de l'opération on obtient un uranium enrichi en 235U
à la composition souhaitée (par exemple 3,5%) et de l'uranium appauvri
en 235U (par exemple à 0,2%).
SCHEMA D'UN ETAGE D'ENRICHISSEMENT
5
. 5 – LA FABRICATION DES COMBUSTIBLES
Dans
le réacteur, l'énergie fournie par le combustible (l'uranium) est évacuée
par un fluide de refroidissement. Le combustible doit être conditionné
de manière à assurer correctement l'échange de chaleur avec le fluide
et ne pas le polluer en produits radioactifs.
Ce
conditionnement étanche a donc un double objectif. Dans les réacteurs
à eau pressurisée le combustible utilisé est l'oxyde d'uranium (U02)
sous forme de petites pastilles de diamètre 8,2mm et de hauteur 13,5mm.
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L'
U02 est un matériau réfractaire qui fond à 2800 °C
et permet donc des énergies spécifiques très élevées.
L'UF6
enrichi sortant de l'usine d’enrichissement est transformé en
poudre d'oxyde d'uranium après défluoration. Cette poudre est
comprimée sous forme de pastilles cylindriques qui sont ensuite
cuites au four comme des céramiques industrielles. On obtient
ainsi une densité élevée en uranium, de l'ordre de 10. Ces pastilles
rectifiées sont introduites dans de longs tubes en alliage de
zirconium (zircaloy) remplis d'hélium pour faciliter l'échange
de chaleur et soudés hermétiquement.
Le
choix du zircaloy est lié à sa transparence aux neutrons et à
son excellente tenue à la corrosion à 350°C par l'eau de refroidissement.
Ces
tubes fermés, appelés crayons, constituent
la première barrière d'étanchéité entre le combustible
et le circuit primaire. Ils doivent résister à de fortes contraintes
thermiques et mécaniques. Un crayon d'une longueur de 3,8m contient
environ 300 pastilles d' U02.
Les
crayons sont groupés en faisceaux de 264, maintenus par un squelette
qui constitue un assemblage. L'assemblage est l'unité que l'on
charge et que l'on décharge dans les réacteurs.
A
titre d'exemple, un réacteur de puissance de 900 MWe
contient 157 assemblages. La puissance maximum par
unité de longueur de crayon est de 78 Watts par centimètre
correspondant à une puissance sortant de cet assemblage
égale à 7800 kW. La température maximum de l'UO2
est de 1900°C et la température maximum des tubes
est de 350 °C.
Le
squelette de l'assemblage est formé de 24 tubes réunis par une
pièce inférieure qui sert de pied et une pièce supérieure qui
permet la manipulation de l'assemblage. Les tubes guides sont
soudés à 8 grilles carrées successives comprenant 17 sur 17 cases.
Chaque crayon occupe 1 case et est maintenu à l'intérieur de la
case par des bossettes ou des ressorts qui maintiennent l'écartement
des crayons et permettent le passage de l'eau de refroidissement.
A l'intérieur des tubes-guides coulisse une grappe de commande
du réacteur ou une grappe fixe de crayons absorbants.
Le programme électronucléaire français qui comprend un parc de
centrales de capacité 63 Gwe exige la fabrication annuelle de
2500 assemblages, les éléments combustibles restant 3 ou 4 ans
dans le réacteur, suivant le type de réacteur, avec des déchargements
annuels de cœur de réacteur par tiers ou par quart. Les combustibles
sont fabriqués dans des usines spécialisées à ROMANS, PIERRELATTE
en France et à DESSEL en Belgique.
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SCHEMA
DU CŒUR
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5
. 6 – LE TRANSPORT
Les
assemblages sont transportés des usines de fabrication vers les centrales
dans des emballages répondant à des normes sévères vis-à-vis de la sûreté
qui répondent à des normes internationales éditées sous l'égide de l'Agence
Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).
5
. 7 – LE SEJOUR DANS LES REACTEURS
Durant
son séjour dans le réacteur, le combustible fournit la chaleur nécessaire
à la production d'électricité et subit un grand nombre de transformations
: diminution de la teneur en 235U par fission, production
de 239Pu par capture de neutrons par 238U (ce
plutonium qui est fissile participe à la production d'énergie), production
de produits de fission (issus de la fragmentation des noyaux d'uranium
fissile) et de transuraniens (issus de la transformation des noyaux
d'uranium non fissile)de longue durée de vie, que l'on appelle déchets car non utilisables.
Lorsque
le combustible est retiré du réacteur, il contient encore
une proportion de matières énergétiques qui peuvent être
recyclées pour être utilisées : 1% de 235U (au
lieu de 3,5 initialement), 1% de Pu, 95% de 238Uet
3% de déchets non recyclables. Le plutonium est fissile
et possède des propriétés énergétiques importantes : 1 g
de Pu équivaut à 100 g d'uranium ou à 1 tonne de pétrole.
L'opération de recyclage s'appelle le retraitement.
5
. 8 – LE RETRAITEMENT
Le
retraitement consiste à séparer les différents composants du combustible
usé en :
-
matières valorisables : uranium et plutonium
-
déchets que l'on stocke après les avoir isolés afin de réduire
leur volume et conditionnés dans des colis présentant des garanties de sûreté vis-à-vis
de l'environnement pendant leur stockage de longue durée.
Cette
solution qui permet de gérer au mieux la fin du cycle du combustible
a été choisie par la France. Cette opération se fait en France
dans l'usine COGEMA de LA HAGUE.
Les
éléments combustibles sortis des réacteurs sont transportés dans
des emballages en acier appelés châteaux de transport. Ce sont
des enceintes de près de 100 tonnes conçues pour transporter 12
assemblages compte tenu de leur énergie résiduelle (près de 100
kW) et de l'activité contenue. Elles doivent répondre à des normes
extrêmement sévères et résister en particulier à la majorité des
accidents susceptibles d'être rencontrés en cours de transport
par rail, route ou mer.
Le
transport est effectué après entreposage intermédiaire (d'une
durée d'une année) des combustibles dans des piscines situées
dans le site des centrales nucléaires de manière à diminuer leur
énergie résiduelle et leur radioactivité.
Les
opérations de retraitement sont, dans l'ordre successif :
-
le cisaillage des assemblages en petits morceaux de quelques centimètres
-
la dissolution chimique qui permet de séparer l'uranium, le plutonium
et les produits de fission
-
la séparation et la concentration des produits de fission
-
la séparation de l'uranium et du plutonium
-
le recyclage de l'uranium après ré-enrichissement
(l'uranium ne contient en effet que 1% de 235U
après usage dans le réacteur et doit être ré-enrichi à 3,5%) et
du plutonium en l'intégrant dans le nouveau combustible.
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L'Usine
de LA HAGUE a procédé au retraitement de plus de 15000 tonnes de combustible
depuis son démarrage en 1990 (la capacité de l'usine est de 1600 tonnes
par an).
Pour
un réacteur PWR avec déchargement annuel par 1/3 de cœur, on extrait
chaque année 19 tonnes d'uranium à 1% de 235U, 200 Kg de
Pu et 600 Kg de produits de fission.
Le
recyclage du plutonium se fait en utilisant des combustibles contenant
un mélange d'oxydes de Pu (5 à 7%) et d'UO2 appauvri provenant de l'usine
d'enrichissement (0,2% de 235U). La fabrication des crayons
et des assemblages est identique à celle pratiquée pour la fabrication
des assemblages à UO2 enrichi à 3,5%. Ces combustibles sont appelés
MOX.
Actuellement
les recharges des centrales EDF comprennent 30% de MOX et pourront être
de 100% à l'avenir.
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6. LA PRODUCTION DES DECHETS ET LEUR STOCKAGE

A
l'issue du retraitement, un certain nombre de matières non recyclables,
qu'on appelle déchets, sont disponibles : les produits de fission
et les transuraniens, ainsi que les matériaux de structure du combustible.
Ces
déchets sont radioactifs, ayant une faible, moyenne ou haute activité
suivant leur nature, dont la durée de vie va de quelques jours à plusieurs
millions d'années.
Les
déchets de retraitement de faible activité à vie courte sont stockés
après conditionnement en tumulus ou en tranchées par l'Agence Nationale
pour la Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) dont le site en exploitation
depuis 1992 est situé dans l'Aube. Ce centre permet de recevoir pendant
50 ans l'ensemble des déchets de ce type produits en France.
Les
produits de fission, transuraniens, sont concentrés et stockés provisoirement
sous forme liquide dans des cuves réfrigérées en acier inoxydable. Quelques
années après, quant ils ont perdu une grande partie de leur radioactivité,
ces produits sont calcinés et transformés en blocs de verre par ajout
de silice puis sont ensuite coulés dans des conteneurs étanches en acier
inoxydable en vue d'un stockage définitif en site profond dans des galeries
géologiquement stables. Actuellement, aucun site n'est encore retenu,
trois laboratoires souterrains sont prévus en vue de développer un concept
de stockage dans le courant de 2006.
La
vitrification des produits de fission contenus dans une tonne de combustible
représente environ 0,1 m3 de verre. C'est ainsi que sur une
centrale de 900 MWe, le volume de déchets de haute activité après vitrification
est de 4 m3 par année de fonctionnement.
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7.
LES TRANSPORTS DES MATIERES DU CYCLE DU COMBUSTIBLE

De
nombreuses matières sont élaborées au cours du cycle du combustible
; ces matières, depuis le minerai jusqu'aux éléments combustibles MOX
et aux déchets ultimes, sont développées dans des sites et usines multiples,
notamment : la mine, l'usine de conversion, l'usine d'enrichissement,
l'usine de fabrication des combustibles, les centrales nucléaires, l'usine
de retraitement, l'usine de fabrication des combustibles recyclés, les
différents sites de stockage des déchets. Il en découle que ces matières
font l'objet de transports importants ; les principaux flux et mouvements
annuels en France sont indiqués dans le tableau suivant :
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Pour
5000 MWe installés en France
|
Quantités
|
Mouvements
|
|
Activités
minières
|
Minerai
|
4
106 tonnes
|
-
|
|
Concentré
|
10
000 tonnes
|
1000
|
|
Enrichissement
|
UF4
|
10
000 tonnes
|
800
|
|
UF6
naturel et enrichi
|
11
700 tonnes
|
2
000
|
|
Réacteurs
|
Combustibles
neufs
|
1100
tonnes
|
300
|
|
Déchets
|
8500
m3
|
900
|
|
Fin
du cycle
|
Combustibles
|
1100
tonnes
|
400
|
|
PuO2
|
10
tonnes
|
200
|
|
Résidus
vitrifiés
|
150
m3
|
100
|
|
Déchets
FA-MA
|
3000
m3
|
300
|
|
URT
|
1000
tonnes
|
400
|
Pendant
les transports qui sont effectués sur la voie publique, il faut protéger
le public contre le rayonnement et la dispersion des matières radioactives,
dans toutes les conditions de transport : conditions de routine
et conditions accidentelles. Une législation rigoureuse à caractère
international a été développée sous l'égide de l'Agence Internationale
de l'Energie Atomique (AIEA) qui impose en particulier aux colis des
normes extrêmement sévères. Les matières à danger potentiel le plus
élevé doivent être conditionnées dans des colis résistant à des conditions
accidentelles de transport très sévères. Il s'agit notamment des colis
transportant l'uranium enrichi, les éléments combustibles neufs et irradiés,
le plutonium, les déchets vitrifiés.
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