QUELQUES VERITES SUR L’ENERGIE EOLIENNE
ET LE GRENELLE DE L’ENVIRONNEMENT
C. Ringot
31 mars 2010
Si le recours à
l’énergie du vent, dite énergie éolienne,
se justifie comme énergie décentralisée
pour des besoins spécifiques ne nécessitant
pas de disposer d’énergie en permanence ou
pour alimenter en électricité des zones éloignées
des grands réseaux de distribution à faible
densité de population , le recours à ce type
d’énergie ne se justifie pas dans des pays
disposant comme la France d’une production d’électricité
de masse permettant grâce à un réseau
maillé de distribution d’alimenter les endroits
les plus reculés et isolés .
La raison principale est le handicap insurmontable que ce
type d’énergie présente : c’est
en effet une énergie intermittente, aléatoire,
qui n’est pas stockable tant qu’on n’aura
pas trouvé des moyens économiques de stockage
(ce n’est pas pour demain). Seule l’hydraulique
permet de stocker l’énergie grâce au
stockage de l’eau par les barrages
Une éolienne ne fonctionne pas quand il n’y
a pas de vent (vitesse inférieure à 10 km/
heure) et quand il y a trop de vent (vitesse supérieure
à 90 km/heure).et quand elle fonctionne, l’énergie
fournie est irrégulière Pour un pays comme
la France le facteur de charge pour un parc terrestre est
à peine de 25 % et ceci de façon intermittente.
Le facteur de charge atteint 30 % avec des vents plus forts
et plus réguliers pour les éoliennes off-shore
mais leur coût est nettement plus élevé
à cause des infrastructures nécessaires pour
les relier à la terre, leur construction et leur
maintenance.(coût d’investissement 2 fois supérieur)
Dans ces conditions même si le parc est suffisamment
dispersé de manière à disposer d’énergie
de manière plus régulière, il est nécessaire
de recourir à un autre type d’énergie
pour répondre aux fluctuations aléatoires.
Cette énergie de secours ne peut que provenir de
centrales thermiques classiques, type centrales à
gaz, fuel ou charbon et non nucléaires qui fonctionnent
en centrales de base
On doit donc parler pour être
précis d’un système éolien, mixte
combinant l’énergie éolienne et l’énergie
thermique. Il en résulte que ce système est
pour partie non renouvelable et polluant.
Dans l’immense majorité des pays qui ne disposent
pas de nucléaire, le recours à l’énergie
éolienne peut être un moyen pour diminuer la
pollution puisqu’une partie de cette énergie,
celle produite par le vent se substitue à une énergie
polluante, mais il ne faut pas se faire d’illusion,
cet apport ne peut être que marginal et contribuer
au mieux à baisser le niveau de pollution pour la
production électrique de 25% tant que ces pays n’auront
pas opté pour le nucléaire
Notre pays, la France, fait figure d’exception puisque
depuis 50 ans, à l’instigation du Général
de Gaulle, notre pays s’est engagé dans un
politique nucléaire de grande envergure pour sa production
électrique, politique constante et cohérente
quelque soient les gouvernements. C’est ainsi que
depuis déjà 20 ans notre pays assure 85 %
de son électricité grâce au nucléaire
et à son appoint hydraulique en énergie non
polluante, ce qu’aucun pays au monde ne pourra prétendre
atteindre quelque soit le développement des énergies
dites renouvelables s’il ne dispose pas d’une
production de masse d’origine nucléaire ! Par
habitant les émissions de CO2 en prenant en compte
toute sa production électrique sont de 10 à
15 fois inférieures à celles constatées
dans les pays développés
L’énergie éolienne est une énergie
coûteuse par le coût d’investissement
proprement dit et le coût des raccordements nécessaires
au réseau. (0,080 euros par kWh à comparé
à 0,028 euros pour le nucléaire)
L’énergie éolienne est une énergie
consommatrice d’espace à la différence
du nucléaire qui est une énergie concentrée
sur peu de sites A énergie fournie égale l’éolien
occupe une surface 70 fois supérieure à celle
occupée par le nucléaire.
C’est une énergie qui par la pollution visuelle
est destructrice de sites (voir par exemple le site des
Corbières défiguré du côté
de Narbonne par une vingtaine d’éoliennes)
Le programme envisagé par le Grenelle de l’environnement
propose d’implanter plus de 12000 éoliennes
d’ici 2020, 12 000 machines de 150 m de hauteur qui
par la dispersion des parcs conduirait à un mitage
du territoire sur plus de 1000 sites, saccageant une grande
partie du territoire, portant atteinte à l’harmonie
de notre pays première destination touristique au
monde. Elle est de plus génératrice de nuisances
sonores importantes pour les riverains
Pour toutes ces raisons le recours à l’énergie
éolienne ne se justifie pas pour un pays comme la
France, qui grâce à une politique volontariste
constante de l’état depuis plus de 40 ans dispose
d’un parc nucléaire permettant d’assurer
plus de 85 % de ses besoins électriques. L’énergie
nucléaire présente tous les atouts : Le recours
au nucléaire est incontournable et ceci pour des
décennies. C’est une énergie fiable,
fonctionnant en permanence, peu coûteuse (à
l’heure actuelle si on remplaçait seulement
10% de l’énergie électrique provenant
du nucléaire par les éoliennes EDF devrait
augmenter le prix du kWh de 10%, au prix d’achat imposé
de 8,2 centimes d’euro le kWh alors que le coût
du kWh nucléaire n’est que de 2,8 centimes
d’euro). Les pro éoliens prétendent
qu’ avec l’augmentation du prix du pétrole
l’éolien peut être compétitif
par rapport au pétrole, ceci est exact mais le nucléaire
serait alors encore plus compétitif par rapport au
pétrole et ceci ne change en rien le fait que l’énergie
nucléaire restera toujours moins coûteuse que
l’énergie éolienne. C’est une
énergie très peu influencée par le
coût de l’uranium (un doublement du prix de
l’uranium n’augmenterait le coût du kWh
que de 5% alors que le doublement du prix du pétrole
ou du gaz accroitrait ce coût de 50% à 70%
) , c’est une énergie qui si elle n’est
pas renouvelable est une énergie quasi durable grâce
aux réacteurs de la 4ème génération
en cours de développement C’est une énergie
très peu consommatrice de territoire et du fait de
sa concentration peu destructrice de sites .
Aucune raison technique, économique, environnementale
ne justifiant le recours à l’énergie
éolienne, les tenants de cette énergie s’appuient
pour promouvoir la construction massive d’éoliennes
sur le Grenelle de l’environnement qui a adopté
la directive aberrante de la Commission européenne,
laquelle fixe un objectif de 20% de la consommation électrique
en énergie renouvelable d’ici 2020. Directive
aberrante car alors que cet objectif a été
défini en prenant pour critères la lutte contre
le réchauffement climatique et le développement
durable, l’énergie nucléaire qui répond
pleinement à ces 2 critères a été
éliminée volontairement de la directive sous
la pression de pays comme l’Allemagne qui ont abandonné
le nucléaire, des lobbys européens écologiques.et
de la passivité regrettable à l’époque
des responsables français La directive aurait du
s’appliquer à toutes
les énergies non polluantes vis-à-vis de l’effet
de serre et non aux seules énergies renouvelables.
On notera que l’énergie éolienne est
polluante puisque du fait de son intermittence un pourcentage
important de l’électricité fournie par
le système éolien est polluant et que certaines
autres énergies renouvelables comme la biomasse sont
polluantes ! ). C’est ainsi qu’on arrive à
la situation absurde qu’un pays qui produirait en
2020 80% de son électricité en énergie
polluante et 20% de son électricité en énergie
renouvelable respecterait la directive alors qu’un
pays comme la France qui produit 85% de son électricité
non polluante (grâce au nucléaire et à
l’hydraulique) ne respecterait pas la directive. Ce
n’est pas par hasard que notre pays est le pays du
monde qui produit le moins de gaz à effet de serre
par habitant pour son électricité. Le Danemark
qui est le numéro un mondial avec 20% d’électricité
d’origine éolienne est un des pays les plus
pollueurs d’Europe. (La pollution par habitant pour
la production électrique y est 10 fois supérieure
à celle observée en France !) Quant à
l’Allemagne qui s’est engagée à
réduire de 21% ses émanations de gaz à
effet de serre elle n’a aucune chance de respecter
cet engagement si elle maintient sa politique d’abandon
du nucléaire.
L’objectif de 20% de la consommation électrique
sous forme d’énergie renouvelable d’ici
2020 conduit, compte tenue de la part de l’hydraulique
de l’ordre de 13%, à prévoir près
de 7% sous forme d’énergie éolienne,
soit la construction de l’ordre de 12 00 éoliennes.
(de puissance installée unitaire de 2 MWe) portant
la puissance installée à 24 000 MWe alors
qu’elle est actuellement de 4000 MWe , gigantesque
investissement , tout cela pour fournir une énergie
que quelques réacteurs EPR peuvent fournir sans problème
, avec un niveau de pollution quasi nul, à un coût
très inférieur à celui du marché,
sans saccager le territoire et en ayant recours totalement
à l’industrie française leader mondial,
alors que l’éolien oblige à avoir recours
à des constructeurs pour la plupart étrangers
comme Vestas
Le développement de l’énergie éolienne
dans notre pays qui dispose du nucléaire conduit
à un gaspillage économique gigantesque financé
par le consommateur (EDF étant obligé de racheter
le kWh éolien 3 fois plus cher que ce que lui coûte
le kWh nucléaire) dont les seuls bénéficiaires
sont les investisseurs, les industriels étrangers
et les heureux propriétaires des terrains. Le surcoût
annuel a été évalué à
un milliard d’euros sur la période 2008-2020
et à plus de 2,4 milliards au-delà, somme
qu’il serait beaucoup plus utile de consacrer aux
programmes de recherche d’économies d’énergie
dans les domaines très consommateurs d’énergie
comme les transports et l’habitat.
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