QUELLE ENERGIE POUR DEMAIN
Le champ de connaissances s'étant considérablement élargi, nous procédons à une remise à jour.
  (fiche n° 2)

Préambule

Les sources d'énergies

L'energie d'origine fossile

Les énergies renouvelables

Les économies d'énergie

Le nucléaire

Et DEMAIN

Quelle que soit son origine, l’énergie est indispensable pour couvrir les besoins économiques et sociaux de tous les habitants de notre planète : besoins journaliers domestiques ou de loisirs, de la santé, de l’alimentation, des transports, de l’industrie, du chauffage, etc.
Elle est le facteur de l'allongement de l'espérance de vie dû à l'amélioration du confort et de l'hygiène.
Un grave problème va se poser au cours du siècle à venir : celui de l'eau. Sans énergie il ne sera pas possible de la purifier, de la dépolluer, de la dessaler à grande échelle, ce qui autoriserait son transport en pipe-line vers les régions déshéritées.
Il y a quelques centaines de millions d’années, la terre était couverte d’une végétation luxuriante que des mouvements sismiques ont enfouie dans les profondeurs.
La fermentation a fait son œuvre, mettant à la disposition de l’Homme : tourbe, charbon, pétrole, gaz. Malheureusement, Il a utilisé massivement ces richesses, et brûlé à grande échelle ces produits fossiles qui avaient mis des millions d’années à se former, réalisant un gaspillage, sans aucune mesure, des ressources existantes.
Ces ressources apparaissent maintenant limitées, par définition même des conditions dans lesquelles elles se sont formées, et les prévisions les plus optimistes laissent à penser que d’ici deux siècles elles seront totalement épuisées.
Pour répondre à la question «Quelle énergie pour DEMAIN Ce texte a été rédigé le xx/xx/xx, depuis le champ de connaissances s'êtant considérablement élargi, nous procédons à une remise à jour." ? », il convient d’évaluer les sources d’énergies disponibles et d'apprécier, si parmi celles-ci, le nucléaire peut et doit avoir sa place.


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LES SOURCES D’ENERGIE DISPONIBLES AUJOURD’HUI             

Répartition des sources d’Energie Primaire consommée dans le MONDE (an 2000)
- Près de 83,5 % de l’énergie consommée actuellement dans le monde provient de réserves fossiles.
- Les énergies renouvelables ne participent qu’à 9,8 %, dont plus des deux tiers pour le bois.
- Le nucléaire avec 6,7 % est très minoritaire.

Production électrique dans le MONDE
Près des 2/3 de la production électrique (64 %) provient des réserves fossiles, le nucléaire étant compté pour 17 % et le renouvelable pour 19 %, dont 17 % pour l'hydraulique.
Energie primaire consommée en EUROPE
- Entre 1973 (1er choc pétrolier) et 1995, on note une baisse de la consommation d’énergie d’origine fossile, mais elle représente encore 70 % en 1995.
- Le nucléaire a progressé sensiblement suite à la mise en service de centrales nucléaires.
- Les énergies renouvelables participent très faiblement à la consommation.
Energie primaire consommée en FRANCE entre 1973 et 1997 :
- La consommation totale d’énergie a augmenté de 40 %.
- La ressource fossile, dont le gaz, est passée de 91 à 57 %.
- L’hydraulique et autres énergies renouvelables restent sensiblement au même niveau.
- Le nucléaire progresse, passant de 2 à 35 % ; il arrive presque à égalité avec le pétrole.
La production électrique en France en 1997 :
- Thermique classique (fossile) 8 %
- Hydraulique 14 %
- Nucléaire 78 %


L’ENERGIE D’ORIGINE FOSSILE             

Si des progrès ont été faits pour diminuer les rejets toxiques provenant de la combustion des produits fossiles, les émanations de gaz carbonique (le CO2), le risque d’effet de serre qu’il provoque et le déséquilibre qu’il peut entraîner sur les conditions de vie à la surface de la terre, restent très préoccupants.
A Kyoto, les Nations industrialisées ont pris des engagements pour diminuer d’ici 2010 leurs rejets de CO2 sous peine de sanctions financières. C’est ainsi que l’Allemagne devra réduire de 21 % ses rejets; la France n’a pas été taxée grâce à ses centrales nucléaires (sans elles, ce serait 300 millions de tonnes supplémentaires de CO2 envoyées dans l’atmosphère). La Chine qui n’a pas signé le Protocole de Kyoto a gardé sa liberté d’utilisation de son charbon ; toutefois, les réalisations en cours de centrales nucléaires montrent que les dirigeants chinois prennent conscience des problèmes à venir.
Du fait de leur origine, les produits fossiles sont en quantité limitée dans le sous-sol de la terre. Nos arrières grands-parents sont nés au début de la consommation des réserves qui se sont formées durant des millénaires, et nos arrières petits-enfants en verront l’épuisement... !

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LES ENERGIES RENOUVELABLES             

En 2010, l’objectif de la Commission Européenne est d’atteindre, en énergie renouvelable, 12 % de la production totale.
L’énergie éolienne
Le gisement français de l’éolien est de l’ordre de 12000 Megawatts électriques. La puissance d’une éolienne étant de 1 à 2 MWe, si l’on envisage d’installer plus de 6 000 machines, dont la distance minimale entre elles doit être de 200 mètres, l’installation totale s’étendrait sur tout le littoral français de l’Atlantique! Il faut aussi préciser que le diamètre des pales est d’environ 30 à 35 mètres, le bruit très élevé, et lorsque la vitesse du vent est divisée par deux, trois ou quatre, la puissance disponible est divisée par 8, 27 ou 64…
L’énergie solaire
La conversion solaire/électrique est assurée par des capteurs photovoltaïques de rendement faible (8%) et leur fabrication met en œuvre des processus chimiques consommateurs de beaucoup d'énergie et générateurs de déchets. Dans notre pays moyennement ensoleillé, le photovoltaïque peut produire 10 à 15 watts/m2 à un coût encore très élevé, et naturellement de jour par beau temps.
Actuellement, éolien et solaire apparaissent utilisables pour des applications ponctuelles, dans des zones désertiques ou éloignées de réseaux électriques. Une réduction notable de leurs coûts est envisageable dans l’avenir, mais leur utilisation pour servir les besoins industriels n’apparaît guère possible sauf, peut-être, à terme très lointain.
L’énergie hydroélectrique
En France, et plus généralement en Europe, la quasi totalité des sites disponibles sont équipés, et il est difficile d’envisager de nouveaux ouvrages sans porter atteinte à l’environnement, l’agriculture ou l’urbanisme.
Les marées
La puissance nominale de la seule usine marée-motrice installée sur la Rance en Bretagne, est de 250 MWe. Les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances, les modifications de l'écosystème en amont et en aval du barrage sont considérables.
La géothermie
Le gisement français est de 6 MegaTEP (Tonnes Equivalent Pétrole) par an, soit un apport très faible réservé à la production de chaleur. Les expériences réalisées ne sont guère encourageantes.
La biomasse
Ce terme concerne les traitements, (autres que le bois), des déjections et des déchets d’exploitation des récoltes, et des forêts. Le potentiel énergétique mondial est très important, mais la production de CO2 l’est tout autant.


LES ECONOMIES D’ENERGIE            


C’est la préoccupation des seuls pays très industrialisés, oubliant le reste du monde (Afrique, Asie, Amérique du Sud, en particulier) qui, pour se développer, aura besoin d’énergie.
En France, la prévision officielle est de réaliser 2 % d’économie sur la consommation nationale d’énergie.
L’Union Européenne s’est fixé l’objectif d’une production d’énergie renouvelable de 12 % de la production totale, pour 2010.
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LE NUCLEAIRE            

La découverte de la radioactivité date d'un siècle (1895). Les remarques sur l'effet des rayonnements ionisants sont apparues, principalement dans le corps médical avec les radiodermites et les leucémies dues essentiellement à l’utilisation mal contrôlée des appareils de radiographie. Mais c’est surtout à la fin de la deuxième guerre mondiale, les bombes d’Hiroshima et Nagasaki qui ont bouleversé l’imagination du monde entier.
On peut, schématiquement, répartirr la «vision» du nucléaire, sa perception, en trois catégories :
· le nucléaire “accepté” : celui qui touche à la santé : l’usage des rayonnements est entré dans la pratique courante des hôpitaux,
· le nucléaire “discuté” : l’électronucléaire, dont les sondages traduisent des positions divergentes,
· le nucléaire “redouté” : celui de l’arme nucléaire.

Origine
Au début de l’Univers, à la création de la terre il y a 4,5 milliards d’années, les atomes étaient, pour l’essentiel, radioactifs : «la terre est faite de cendres des réactions primitives nucléaires» (Professeur Charpak). Seuls sont actuellement encore radioactifs les atomes qui ont une période supérieure au milliard d‘années comme le Potassium 40, l’Uranium, le Thorium.
Le soleil est un énorme générateur thermonucléaire ; toute l’énergie que nous consommons en provient ; sans elle, il n’y aurait pas de vie possible.

Prévisions
Actuellement la puissance électronucléaire installée en France est de 63 GWe (Gigawatts électriques), soit environ 17 % de celle en service dans le monde. Les prévisions ne font pas ressortir d’évolution sensible d’ici 2010.
Si des diminutions sont envisagées en Europe et aux Etats-Unis, les nations asiatiques les plus évoluées envisagent une augmentation notable de leur puissance électronucléaire.
Au total, la puissance électronucléaire mondiale passerait de 350 GWe en 1997, à 408 GWe en 2010.


Et demain ?             

· Les besoins énergétiques sont considérables, tant au niveau des pays industrialisés (maintien et/ou croissance du potentiel actuel), qu’à celui des pays sous-développés (augmentation recherchée du niveau de vie – industrialisation).
· Les efforts d'économie d'énergie restent indispensables (transport, isolation thermique, augmentation des rendements thermiques, etc.) mais ne compenseront certainement pas l'accroissement de la demande.
· Les ressources énergétiques fossiles ne pourront, à terme relativement prochain, répondre aux besoins de la démographie en constante augmentation. La progression engendrée de l’effet de serre est inquiétante pour l’avenir.
· Les énergies renouvelables ne paraissent pas susceptibles de fournir, dans les prochaines décennies, une énergie “industrielle”, mais seulement “domestique”, et pour des applications ponctuelles, dans les régions isolées en particulier.
· Le nucléaire apparaît une bonne réponse aux besoins actuels et futurs ; il ne génère aucun rejet de CO2 ; les solutions existent pour régler le problème des déchets très radioactifs, du fait de leur très faible volume. Des décisions politiques sur leur mode de gestion doivent intervenir d'ici quelques années.
· Le parc nucléaire français produit l’équivalent d’un kilogramme de déchets radioactifs par habitant et par an dont 5 g seulement sont fortement radioactifs, 95 g.de faible et moyenne activité à vie longue et 900 g de faible et moyenne activité à vie courte.
· Par comparaison, toujours par habitant et par an, on recense 2500 kg. de déchets domestiques, et 2900 kg. de déchets industriels dont 70 kg de déchets ultimes très toxiques (cf. fiche n°3).

Les décisions qui seront prises dans les prochaines années vont peser sur l’avenir des générations futures.

Pour télécharger une fiche, cliquer ici

Association des Retraités du groupe CEA, indépendante de l'Etablissement Public de Recherche             haut de page —>>haut de page