1.1
Des conceptions différentes Le type
de réacteurs RBMK (qui signifie Réacteur de Forte Puissance
à Canaux) de conception spécifiquement russe présente
des faiblesses de sûreté par rapport à celui des
réacteurs REP (Réacteurs à Eau Pressurisée)
occidentaux. [2] [3] Le réacteur
RBMK est plus difficile à piloter : en particulier à
basse puissance, lorsque la température de l'eau de refroidissement
croît, la puissance dégagée par le combustible augmente
et surélève encore plus la température de l'eau.
Cet effet boule de neige peut conduire, si l'on n'y prend garde, à
la fusion d'une plus ou moins grande quantité de combustible
et à l'éclatement de l'enveloppe de sécurité
du cur (c'est une explosion classique de vapeur dans une chaudière,
et non pas une explosion nucléaire). Dans la
filière REP, la conception neutronique est telle que lorsque
la température de l'eau de refroidissement augmente, la puissance
dégagée par le combustible a tendance à diminuer
: le réacteur revient à une configuration sûre pourvu
qu'un refroidissement minimum soit assuré. Le réacteur
RBMK est plus difficile à arrêter rapidement. Les barres
absorbantes de neutrons qui constituent le système d'arrêt
d'urgence demandent plus de vingt secondes pour être mises en
place contre deux secondes dans le cas d'un réacteur REP. 1.2 Des
protections différentes Le réacteur
de Tchernobyl n'a pas d'enceinte de confinement, l'ensemble de l'ilôt
nucléaire (comme des locaux techniques associés) est contenu
à l'intérieur d'un bâtiment industriel banal dont
on a pu voir l'état après l'accident. Dès l'explosion,
les produits radioactifs se sont répandus dans l'atmosphère. Le réacteur
de TMI ainsi que tous les réacteurs occidentaux sont pourvus
d'une enceinte (souvent doublée) de confinement étanche
(c'est le bâtiment cylindrique que l'on voit en passant près
d'une centrale EdF). TMI a eu une fusion presque totale du cur
sans explosion, mais la partie nucléaire était confinée
dans le bâtiment cylindrique en béton armé étanche
et résistant aux conditions de température et de pression
d'un accident grave. Cette enceinte de confinement constitue la 3ème
et ultime barrière qui contient un éventuel accident et
qui empêche les conséquences à l'extérieur.
Aboutissant
à la fusion d'une grande quantité de combustible, l'accident
a libéré comme dans celui de Tchernobyl une grande quantité
de radionucléides mais ceux-ci sont restés piégés
dans l'enceinte de confinement. Un relâchement maîtrisé
d'une faible quantité de gaz a seulement été effectué.
Malgré l'émotion causée à l'époque
on a pu constater que, dans le domaine public, les niveaux de radioactivité
artificielle restèrent inférieurs à ceux de la
radioactivité naturelle.