2. L'ACCIDENT
2.1
Le scénario
Les réacteurs
de TCHERNOBYL avaient deux fonctions : fournir de l'électricité
et produire du plutonium à usage militaire, et en conséquence
dépendaient de deux Autorités distinctes.
L'accident
a eu pour origine un essai, totalement indépendant de l'exploitation
électronucléaire, qui a été dirigé
par une autorité extérieure à la Centrale. C'est
lors de l'essai effectué à basse puissance que l'enchaînement
décrit précédemment, joint à l'inadaptation
des mesures de correction, a débouché sur des pressions,
des températures et des contraintes élevées au
cur du combustible et des structures. Cette séquence a
conduit à une série d'explosions, à la destruction
de l'enveloppe de sécurité et à des incendies achevant
de détruire la partie supérieure du bâtiment.(explosion
de vapeur, détonation d'hydrogène, combustion de graphite
et autres matières inflammables).
Il est
important de noter dans l'analyse des causes de l'accident [2] [3] [8]
qu'outre les défauts de conception déjà évoqués,
le personnel n'a pas su anticiper ni stopper le processus destructeur
mais l'a même amplifié en commettant des erreurs déterminantes
dans la préparation et l'exécution de l'essai comme, par
exemple, ignorer des signaux d'alerte ou isoler des systèmes
de sécurité. Ceci met en évidence le déficit
de la sûreté à cette époque dans les pays
de l'Est.
2.2 Les
mesures d'urgence
Les premières
actions les plus spectaculaires ont consisté à :
- Combattre
les incendies et arrêter le rejet de produits radioactifs dans
l'atmosphère. Ceci est réalisé le 6 mai en finissant
de recouvrir les décombres du bâtiment par divers matériaux
largués à partir d'hélicoptères. Par la
suite, les murs en ruine seront renforcés et l'ensemble couvert
par une toiture en tôle. Cette structure prendra le nom de "sarcophage"
Elle est toujours considérée comme provisoire.
Outre le
personnel du site (environ 1000 personnes), un grand nombre d'intervenants
dénommés "liquidateurs", ont participé
à ces travaux. Ils seraient 600 000 selon les autorités
Ukrainiennes, ce qui est discuté (voire contesté).
- Evacuer
les populations des zones les plus contaminées (115 000 personnes).
Etablir une zone d'exclusion ; cette exclusion ne concerne que l'habitat
(elle est d'ailleurs bien mal respectée) ; les autres réacteurs
de Tchernobyl ont longuement fonctionné depuis (jusqu'au 15/12/2000),
ce qui prouve la présence constante de nombreux travailleurs
sur le site même.
2.3 Les
rejets et la contamination [2] [3]
A la suite
de la ruine du bâtiment, les explosions et les incendies ont rejeté
toutes sortes de matières dans l'atmosphère. Les plus
grosses proviennent des matériaux du réacteur (combustible
compris) et se retrouvent soit sur place soit à proximité
de l'installation. Les plus fines sont entraînées avec
les gaz sous forme d'un panache d'aérosols qui a atteint une
hauteur de l'ordre de 1000 m. Elle vont se déposer au cours du
temps à plus ou moins grande distance selon la force, la direction
des vents et les conditions topographiques et météorologiques
des régions traversées. Les rejets de radionucléides
présents à l'origine dans le réacteur sont principalement
l'iode 131 et les césium 134 et 137. Du fait de sa courte période
de 8 jours, l'Iode 131 a disparu en 3 mois. Mais 14 ans après,
la radioactivité du césium 137 (période : 30 ans)
est toujours décelée.
Les états
les plus touchés, la Biélorussie, l'Ukraine et la Fédération
de Russie, sont les plus proches du site accidenté. En Europe
de l'Ouest, l'éloignement et la direction des vents ont dilué
les masses d'air polluées. C'est en Autriche, en Allemagne, en
Italie et en Scandinavie que les dépôts mesurés
en césium l37 sont les plus élevés. Ils sont faibles
en Espagne et au Portugal.
La France
se situe entre les deux groupes. L'exposition aux masses d'air en provenance
de Tchernobyl a duré entre un jour pour le Nord-Est et quatre
jours pour le Sud-Est ; l'importance des dépôts varie localement
en fonction du relief et des pluies.
Cette distribution explique les réactions et les dispositions
différentes appliquées par les autorités dans les
divers pays voire dans les diverses régions.