4. LES
DOSES EN FRANCE
Pour
avoir une bonne compréhension de toutes les valeurs de doses
publiées dans les divers rapports, il faut garder à l'esprit
que celles-ci diffèrent selon la localisation concernée
(pays, région, individu), la période de temps prise en
compte (premiers mois, année, décades, vie entière)
ou encore les régimes alimentaires retenus. Toutes ces valeurs
sont cohérentes entre elles et les calculs effectués en
1998 par l'IPSN [4] [8]. Retenons deux valeurs extrêmes :
- Un
forestier vivant dans une zone des plus touchées, se nourrissant
quotidiennement de gibier et de champignons aurait absorbé en
1997 une quantité d'aliments entraînant une dose de même
ordre que la dose annuelle moyenne en France due à la radioactivité
naturelle, soit, pour le forestier de l'est de la France, le doublement
de la dose cumulée correspondant à un séjour sur
un site granitique tel que la Bretagne.
- La
population française : le calcul prenant en compte la vie
entière d'un individu indique que la dose efficace engagée
par celui-ci serait environ le centième de la dose due à
la radioactivité naturelle sur la même durée (70
ans).
Sensibilisée
par l'apparition de cancers de la thyroïde chez les enfants de
Tchernobyl, l'attention s'est focalisée en France sur cette maladie.
Déjà constatée avant l'accident, l'augmentation
du nombre de cas déclarés se confirme. Les études
se poursuivent pour déterminer tous les facteurs et toutes les
causes possibles de cette augmentation.
Une des
difficultés est de faire la part des moyens de diagnostic plus
performants et du dépistage systématique et précoce
dont l'effet est d'augmenter le nombre de cas déclarés.
Tous ces cas ne débouchent pas sur un cancer. En France, l'exposition
a varié de 0,5 mSv dans l'est à 0,05 mSv dans l'ouest,
cette dose est faible par rapport au risque d'apparition de cancer à
la thyroïde.
En ce qui
concerne les Trisomies 21 et autres malformations, sur la période
1984 à 1994, aucun effet significatif n'est constaté.
Bien entendu, l'étude se poursuit. Il faut rappeler que le suivi
des survivants d'Hiroshima et de Nagasaki, ainsi que de leur descendance,
n'a jamais montré d'écart significatif dans l'apparition
de phénomènes génétiques.