La
communication avec la population a été un échec
évident. Les autorités
françaises ainsi que l'Agence France Presse ont donné
beaucoup d'informations de façon régulière dès
les premiers jours qui ont suivi l'accident. En général,
elles n'ont pas été comprises ; aucune collaboration entre
scientifiques et journalistes n'a eu lieu pour interpréter les
informations collectées. Les masses
d'air radioactif abordent le ciel français le 30 avril 1986,
le SCPRI* l'annonce immédiatement à la presse. Reprenant
l'information, un journal national [12] écrit le 2 mai : "Le
directeur du Service Central de Protection contre les Radiations Ionisantes
a annoncé hier une augmentation de radioactivité enregistrée
sur l'ensemble du territoire sans aucun danger pour la santé". Le même
journal écrit 10 jours plus tard (le 12 mai) : "Les pouvoirs
publics en France ont menti, le nuage radioactif de Tchernobyl a bien
survolé une partie de l'hexagone ". Simultanément,
la presse généralisait, pour affirmer son manque de confiance
et frapper l'opinion. Elle inventait alors une image spectaculaire :
"Le nuage radioactif de Tchernobyl s'est arrêté à
la frontière de la France". Le 11 octobre
2000, le Tribunal Correctionnel a mis fin à cette fable, entretenue
par les antinucléaires, en condamnant le Député
Européen Noël MAMERE pour diffamation envers l'ancien Directeur
du SCPRI [13]. (M. MAMERE a fait appel). Le climat
conflictuel entre autorités scientifiques et milieux médiatiques
a permis la diffusion d'informations les plus fantaisistes et excessives
qui ont conduit à augmenter l'inquiétude du grand public
et le sentiment du "Nucléaire que l'on cache". A
l'avenir, dans un cas similaire, la collaboration entre scientifiques,
techniciens et médias est INDISPENSABLE pour expliquer
dans le détail les mesures préventives (conception,
procédures, contrôles, formation du personnel) prises
pour que le risque d'un tel accident en France soit le plus faible
possible.