1. LE RADON EST UN GAZ RADIOACTIF D’ORIGINE NATURELLE.
Présent partout à la surface de la planète, le
radon provient de la désintégration du radium, lui-même
issu de l’uranium contenu dans la croûte terrestre. Sa concentration
varie selon la nature géologique du sol. Il émane surtout
des sous-sols granitiques et volcaniques.
Il diffuse dans l’air à partir du sol ou de l’eau
où il peut être dissous. A l’air libre, sa concentration
est faible, il est dilué par les vents. Dans l’atmosphère
plus confinée d’un bâtiment, il peut s’accumuler
et atteindre des concentrations élevées.
Le radon fut étudié dès les premières années
du 20ème siècle par les chercheurs qui manipulaient les
sels de thorium et de radium.
La radioactivité du radon fut établie en France dès
1904 (Réf. 1). Peu à peu se multiplièrent les expériences
visant à démontrer l’utilité des rayonnements
X et gamma de ce gaz dans le traitement des affections malignes ou encore
à promouvoir son action thérapeutique bénéfique.
Pendant ce temps, naissait et se développait en 1924 l’hypothèse
que la forte mortalité par cancer du poumon observée chez
les travailleurs des mines d’uranium pouvait être attribuée
entre autres au radon.
Un élément, trois
familles.
Le radon est un gaz inodore, incolore qui ne réagit chimiquement
avec aucun autre corps. Il est issu des trois familles naturelles radioactives
qui donnent naissance à trois isotopes :
- les isotopes 220 (famille du thorium) et 222 (famille de 238U) sont
en moyenne présents au sein de la roche en quantités
comparables (10 g de thorium et 3 g d’U par tonne de roche,
soit la même activité).
- le radon 219 (actinium) issu de 235U qui est présent à
une concentration inférieure à 1% de celle de 238U est
donc présent en quantité beaucoup moins importante au
sein de la roche (70 fois moins).
- Ces isotopes gazeux migrent vers l’atmosphère où
arrive essentiellement le radon 222 dont la période de 3 à
8 jours lui permet de naviguer assez loin.
- par contre, le thoron, de période 55 secondes, ne peut franchir
de longues distances dans le sol et arrive donc en quantité
beaucoup moins importante dans l’atmosphère ou il décroît
en plus rapidement.
Quant au radon 219, de période 4 secondes, il est beaucoup
moins présent dans l’atmosphère.
L’impact radiologique n’est cependant pas dû au
radon lui-même mais à ses produits de filiation émetteurs
alpha à vie courte. En se désintégrant, ce gaz
donne naissance à des atomes de polonium émetteurs alpha
qui se fixent sur les aérosols de l’atmosphère.
Ces aérosols sont inhalables en raison de leur faible diamètre
et ils sont susceptibles de se déposer plus ou moins profondément
dans l’arbre broncho-pulmonaire en irradiant les tissus et les
cellules avoisinantes.
2. LA PRESENCE DU RADON
DANS NOTRE ENVIRONNEMENT EST VARIABLE.
2.1. COMMENT EXPRIME-T-ON LA
CONCENTRATION DU RADON DANS L’AIR ?
L’unité de mesure de la concentration
du radon dans l’air est le Bq/m3 (Becquerel par mètre cube)
Un Becquerel correspond à une désintégration par
seconde.
2.2. LE RADON DANS LES HABITATIONS.
L’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté
Nucléaire) réalise depuis plusieurs années des
campagnes de mesure de radon sur l’ensemble du territoire national.
Les mesures doivent être faites sur une durée assez longue
et recoupées avec de nombreuses données concernant la
géologie, la météorologie (le radon se propage
mieux la nuit que le jour, par temps sec que par temps de pluie), les
modes de construction, les habitudes des occupants.
Il y a toujours de l’uranium dans les sols et on trouve donc du
radon partout. Les sols granitiques libèrent plus de radon que
les sols sédimentaires en raison des concentrations d’uranium
qu’ils contiennent naturellement. Cependant certaines roches ou
sédiments peuvent être très riches en uranium (certaines
mines d’uranium sont situées en terrains sédimentaires).
La moyenne des mesures en France est de 66 Bq/m3, supérieure
à la moyenne du Royaume-Uni (20 Bq/m3) et inférieure à
celle de la Suède (108 Bq/m3).
La carte placée en fin de texte donne la moyenne, par département,
des concentrations de radon dans l’air des habitations.
A titre indicatif, on peut citer quelques moyennes départementales,
tout en sachant que l’on peut trouver partout des habitations
présentant des concentrations nettement plus élevées
:
- Concentrations supérieures à
150 Bq/m3 Départements : Allier, Cantal, Corrèze, Creuse,
Loire, Haute-Loire, Lozère, Vienne. Haute Vienne
- Concentrations entre 101 et 150 Bq/m3. Départements
: Ardèche, Aveyron, Calvados, Côtes du Nord, Corse, Doubs,
Ile et Vilaine, Morbihan, Nièvre, Le Puy de Dôme, le
Rhône, Haute-Saône, Savoie, Vosges.
- Concentrations inférieures à
100 Bq/m3 dans les autres départements.
Dans le cas des habitations, les concentrations en radon varient en
fonction des caractéristiques de construction, de la ventilation
et du mode de vie des habitants.
Dans les endroits clos (cave, vide sanitaire, pièces d’habitation
près du sol) le radon peut se concentrer. La concentration
dans les maisons varie d’heure en heure au cours de la journée
en fonction de l’ouverture des portes et des fenêtres
.qui contribuent à renouveler l’air.
3. LE RADON EST UN FACTEUR DE RISQUE
POUR LE CANCER DU POUMON.
Le Centre International sur le Cancer qui dépend de l’OMS
(Organisation Mondiale de la Santé) a reconnu, depuis 1987, le
radon comme agent cancérigène.
Le risque du cancer du poumon est prouvé chez les mineurs d’uranium,
fortement exposés au radon. En revanche, il n’est pas clairement
établi pour les personnes exposées au seul radon dans les
bâtiments. Les études qui ont été menées
ne permettent pas toutefois de conclure à l’existence d’un
risque qui ne peut être que minime s’il existe.
Il a été démontré que l’usage du tabac
est responsable de la majorité des cancers du poumon. En France,
le cancer du poumon est responsable de 22000 décès par an,
essentiellement du fait du tabagisme. La consommation par un homme d’un
paquet de cigarettes par jour pendant toute sa vie multiplie le risque
de cancer du poumon par un facteur d’environ de 10 à 20.
Ce qui équivaut à passer sa vie dans une atmosphère
de 3000 Bq /m3 de radon.
A partir d’approches théoriques, on peut estimer qu’un
individu du public reçoit en moyenne une dose annuelle de 4 mSv
(milliSievert) provenant des rayonnements ionisants naturels et des expositions
médicales (diagnostics). Le radon contribue à 34 % de cette
valeur, ce qui représente environ 1,4 mSv /an.
4. MESURES ET PREVENTION VIS A
VIS DU RADON.
Le radon peut se mesurer à l’aide d’une émulsion
photographique : les particules alpha émises par le radon viennent
heurter l’émulsion en créant des traces qui sont révélées
au développement. Ces traces sont ensuite comptées ce qui
permet de remonter à la concentration du radon en Bq/m3.
On utilise plus généralement des détecteurs à
scintillation (sulfure de zinc) ou des détecteurs à traces
dans divers matériaux.
Des gestes simples contre le Radon :
- aérer les pièces en mettant
en place, le cas échéant, un système de ventilation,
- ventiler le sous-sol des bâtiments et
les vides sanitaires,
- assurer l’étanchéité
des locaux des sous-sols occupés, des vides sanitaires, des
murs, des planchers et des passages de canalisation vis à vis
du sol environnant.
La Communauté Européenne recommande aux habitants des
maisons où la concentration en radon dépasse 400 Bq/m3
de mettre en œuvre des actions correctives. Celles-ci s’imposent
tout particulièrement au delà de 1000 Bq/m3 .En ce qui
concerne les bâtiments à construire, c’est la valeur-guide
de 200 Bq/m3 qui a été retenue.
En France, on estime à :
- 300 000 les habitations individuelles où
la concentration en radon est supérieure à 400 Bq/m3.
- 60 000 celles où elle est supérieure
à 1000 Bq/m3. A ces concentrations, les habitants peuvent recevoir
des doses dépassant 20 mSv /an, dose limite pour les travailleurs
du monde nucléaire.
5. POUR PLUS DE RENSEIGNEMENTS SUR LE RADON.
Des détails sur le radon, les méthodes de mesure, les techniques
de réduction et l’interprétation des résultats
peuvent être obtenus auprès des organismes suivants :
- Directions Départementales des Affaires
Sanitaires et Sociales.
- Directions Départementales de l’Equipement.
- Institut de Radioprotection et de Sûreté
Nucléaire : Centre de Documentation sur la Sécurité
Nucléaire
77-83 Avenue du Général de Gaulle 92140 Clamart www.insern.fr
Bibliographie 
Réf. 1 : Clefs du CEA N°13.
Réf. 2 : Les défis du CEA N°30.
Réf. 3 : Les défis du CEA N°32.
Réf. 4 : Clefs du CEA N° 34.
Réf. 5 : Plaquette du Ministère de l’Equipement et
du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité.
Réf. 6 : Le radon : Livret CDSN/ IPSN de 1998.
Réf. 7 : La radioactivité naturelle, source de repères
(§ 3, 4,5) – J. Pradel
Réf. 8 : Becquerel et radioactivité naturelle (plaquette
de la Société française de la Radioprotection)
Réf .9 : La radioactivité dans l’environnement (plaquette
de la Société française de la Radioprotection )
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Moyenne par département des concentrations de radon dans
l’air des habitations en Bq/m3
(Source CDSN /IPSN) |
Place du radon dans l’exposition moyenne aux rayonnements
ionisants de la population française
( Source : UNSCEAR ) |