Définition
Il est difficile d’en donner une définition
satisfaisante.
On a pu dire :
-
qu’il s’agissait d’affections « créées par un travail bien déterminé ou par les conditions dans lesquelles il est effectué » ;
-
qu’elles étaient celles « qui vraisemblablement ne se seraient pas
produites dans un autre métier ».
L’ambiguïté vient du fait que si
- certains symptômes ou maladies sont pathognomoniques - c’est à dire
caractéristiques - d’une nuisance ou d’une activité ; par exemple le
liseré de Burton, dépôt gingival bleuté qui signe une intoxication au plomb
(dite saturnine) ;
- d’autres ne diffèrent en rien de la pathologie naturelle (par exemple,
rien ne distingue une leucémie radio induite d’une leucémie naturelle) et leur
origine professionnelle éventuelle n’a été reconnue qu’à la suite d’études
statistiques ou expérimentales.
Reconnaissance de
l’origine professionnelle d’une maladie
Pour que soit reconnue l’origine professionnelle
d’une maladie, la législation française a élaboré, pour chaque nuisance un
" tableau "
où figurent :
-
la maladie induite par cette nuisance
-
le délai d’exposition à cette nuisance (éventuellement)
-
la nature des travaux exposant à cette nuisance
- et parfois le délai de prise en charge
de la maladie après l’arrêt de l’activité exposant à cette nuisance.
Il existe actuellement 94 tableaux des maladies
professionnelles dans le Code de la Sécurité Sociale où sont répertoriées
toutes les nuisances chimiques, physiques et biologiques susceptibles d’induire
une maladie professionnelle.
Si la reconnaissance de l’origine professionnelle
est relativement aisée dès lors que la nuisance risque d’entraîner une maladie
pathognomonique, par contre lorsque la maladie peut avoir une origine
naturelle, il pourrait être difficile d’en affirmer l’origine professionnelle.
C’est pourquoi le législateur a retenu une notion
qui permet à la victime de ne pas être contrainte d’apporter la preuve de
l’origine de sa maladie.
Cette notion dite " présomption d’origine " bénéficie au
travailleur atteint d’une telle maladie. " De ce fait, le salarié n’a
pas à faire la preuve que sa maladie est due au travail si, en raison de
celui-ci , il est soumis de " façon habituelle " à un risque susceptible de l’induire
".
Cette disposition est particulièrement importante
pour la protection sociale des travailleurs soumis aux risques induits par les
rayonnements ionisants. En effet, certaines affections du tableau N° 6 du
régime social (Cf Annexe 1) peuvent survenir naturellement ou trouver leur
origine dans des habitudes alimentaires ou des addictions toxiques
(tabac-alcool).
Procédures de
déclaration
Il appartient à la victime (ou à ses ayants droit) de faire sa
déclaration. Il doit transmettre à la caisse de Sécurité Sociale dont il dépend
le certificat médical initial spécial établi soit par son médecin traitant soit
par le médecin du travail.
C’est la Sécurité Sociale qui décide de la prise en charge de la maladie, après enquête et éventuellement consultation du
dossier médical de médecine du travail.
Annexe 1
Tableau n°6 du régime social
(Annexe
au code de la Sécurité Sociale)
|
Date de création : 04/01/31 Dernière mise à jour 26/06/84
|
|
|
|
Désignation des maladies
|
Délai de prise en charge
|
Liste
indicative des principaux travaux susceptibles de provoquer ces maladies
|
|
Anémie,
leucopénie, thrombopénie ou syndrome hémorragique consécutifs à une
irradiation aiguë
Anémie,
leucopénie, thrombopénie ou syndrome hémorragique consécutives à une
irradiation chronique
Blépharite
ou conjonctivite
Kératite
Cataracte
Radiodermites
aiguës
Radiodermites
chroniques
Radio-épithélite
aiguë des muqueuses
Radiolésions
chroniques des muqueuses
Radionécrose
osseuse
Leucémies
Cancer
broncho-pulmonaire primitif par inhalation
Sarcome
osseux
|
30 jours
1 an
7 jours
1 an
10 ans
60 jours
10 ans
60 jours
5 ans
30 ans
30 ans
30 ans
50 ans
|
Tous
les travaux exposant à l'action des rayons X ou des substances radioactives naturelles
ou artificielles ou à toute autre source d'émission corpusculaire, notamment
:
Extraction
et traitement des minerais radioactifs.
Préparation
des substances radioactives.
Préparation
de produits chimiques et pharmaceutiques radioactifs.
Préparation
et application de produits luminescents radifères.
Recherches
ou mesures sur les substances radioactives et les rayons X dans les
laboratoires.
Fabrication
d'appareils pour radiothérapie et d'appareils à rayons X.
Travaux
exposant les travailleurs au rayonnement dans les hôpitaux, les sanatoriums,
les cabinets médicaux, les cabinets dentaires et radiologiques, dans les
maisons de santé et les centres anticancéreux.
Travaux
dans toutes les industries ou commerces utilisant les rayons X, les
substances radioactives, les substances ou dispositifs émettant les
rayonnements indiqués ci-dessus.
|