LE FONCTIONNEMENT DU CEA 2003
J. Penneroux
 
  1. INTRODUCTION
2. LES MISSIONS DU CEA
   2.1 - PÔLE RECHERCHE
   2.2 - PÔLE NUCLEAIRE
   2.3 - PÔLE DEFENSE
   2.4 - PÔLE RECHERCHE TECHNOLOGIQUE
3 ORGANISATION GENERALE DU CEA
4. GESTION DU PERSONNEL
5. LES BUDGETS
6. DIFFUSION, ESSAIMAGE ET CEA INDUSTRIE
  
1. INTRODUCTION         
Créé en 1945 par le Général de Gaulle, l'établissement public de recherches nucléaires scientifiques, technologiques et industrielles était placé sous l'autorité directe du Président du Conseil des Ministres. Sans changer de destination, les évolutions en ont fait un Etablissement Public Industriel et Commercial (E.P.I.C.) dépendant du Ministre de la Recherche et de l'Industrie (avec la participation des Ministres des Armées, de la Santé, de l'Environnement, et de l'Education).

La Direction Générale de l'Etablissement, nommée par le Gouvernement, comporte un Administrateur Général (Alain Bugat) ainsi qu'un Haut-Commissaire (Bernard Bigot ) plus spécialement chargé des affaires scientifiques et de la sûreté militaire.

2. LES MISSIONS DU CEA         
Les objectifs de la recherche au CEA recouvrent tous les aspects liés à la structure de la matière, l'atome et son noyau, depuis les sciences fondamentales jusqu'aux applications industrielles. Ces recherches fondamentales ou technologiques sont regroupées en quatre pôles et cinq Directions.

2.1 - PÔLE RECHERCHE         
2.1.1. Direction des Sciences de la Matière
La Physique Fondamentale avec l'exploitation des grands accélérateurs (CERN, Tore Supra) pour la recherche sur la matière, ainsi que l'astrophysique. Les techniques nucléaires permettent de pénétrer au sein de la matière et d'en découvrir les multiples combinaisons, par ailleurs, la maîtrise des réactions nucléaires a nécessité d'importants développements scientifiques dans les secteurs des matériaux composant les équipements.
2.1.2. Direction des Sciences du Vivant
Les biotechnologies avec le décryptage du génome, le diagnostic médical à l'aide des radioéléments et l'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM), le traitement des pathologies par la radiothérapie, etc. Les méthodes de datation et de marquage isotopique permettent d'approfondir la connaissance des climats passés et de leur évolution. Les études de l'environnement mobilisent des équipes de chercheurs sur l'impact des gaz à effet de serre, les évolutions glaciaires du globe ou la qualité de l'air, ainsi que pour évaluer l'impact des activités humaines sur notre environnement.

2.2 - PÔLE NUCLEAIRE         
Dans le domaine de l'Energie, le CEA participe à l'amélioration du parc actuel de réacteurs, de leur durée de vie et de la sûreté. Il poursuit le développement des réacteurs du futur pour l'électronucléaire avec la mise au point des nouveaux combustibles, de leur recyclage ainsi que la réduction de la quantité et de la nocivité des déchets radioactifs ultimes, leur entreposage ou leur stockage, notamment avec le surgénérateur Phénix. Pour l'énergie du futur, le CEA poursuit les recherches sur la fusion nucléaire avec le projet de l'International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER), pour la mise à disposition de l'humanité d'une source d'énergie quasiment inépuisable. Mais les compétences du CEA en font un leader pour la recherche sur les énergies alternatives et renouvelables ou les nouveaux vecteurs énergétiques : la biomasse (paille, blé, betterave, colza, etc.), le photovoltaïque (conversion des rayons solaires en électricité), l'hydrogène dans les piles à combustible, la motorisation des véhicules et les générateurs électriques. Le CEA poursuit l'évaluation de l'impact des rayonnements ionisants, le développement des systèmes programmés intelligents et de la micro-électronique ainsi que des technologies thermiques.

René Pellat, Délégué à la sûreté nucléaire de défense depuis 2001 et Haut-Commissaire à l’énergie atomique de 1998 à 2003, est décédé accidentellement le 4 août 2003.

2.3 - PÔLE DEFENSE         
La Direction des Applications Militaires (DAM) assure le maintien du haut niveau de dissuasion des armes nucléaires notamment avec le développement du Laser Mégajoules utilisé pour la simulation des explosions, depuis l'abandon des essais. Elle conçoit et entretient les réacteurs de la propulsion nucléaire des sous-marins et du porte avion le "Charles de Gaulle". Le CEA participe au sein des instances internationales à la lutte contre la prolifération des armes nucléaires et au respect du traité d'interdiction des essais nucléaires (TICE).

2.4 - PÔLE RECHERCHE TECHNOLOGIQUE         
La recherche de pointe et le transfert des technologies, au plan industriel, nécessitent de disposer d'équipements très performants et innovants ce qui a conduit le CEA à développer les recherches principalement dans trois domaines :
- Technologie de l'information - les capteurs, les instruments de mesure et d'exploration, l'électronique de pointe (Le CEA est leader mondial de la nano-électronique), les systèmes informatiques et les logiciels, la robotique interactive (chirurgie par tété-opération), etc.
- Technologie des matériaux – amélioration des produits et des processus de fabrication et de mise en œuvre, nouveaux procédés d'assemblage.
- Technologie pour la santé – amélioration des instruments (gamma caméra à semi-conducteurs, radiographie numérique, bio-puces à ADN). Le CEA a mis au point le vaccin contre l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).
la priorité du pôle est donnée au transfert de technologie et au partenariat.

3 ORGANISATION GENERALE DU CEA         
Répartie en Directions Opérationnelles pour chacun des pôles de recherche et en Directions Fonctionnelles, l'organisation du CEA a privilégié le regroupement des secteurs sur un seul Centre (autant que possible), dans le cadre de la politique de décentralisation. Le Siège (31-33 rue de la Fédération Paris 15ème), accueille la Direction Générale. Les centres d'études civils sont situés à Fontenay aux Roses (92) Saclay (91) Grenoble (38) Cadarache (13) et Marcoule/Pierrelatte (Valrhô 30) auxquels s'ajoutent les quatre sites de recherche militaire : DAM-IdF (91), CESTA (33), Valduc (21) et Le Ripault (37).

Depuis le 1er juillet 2003, toutes les directions fonctionnelles sont regroupées au sein de quatre nouveaux pôles : le Pôle Maîtrise des Risques (PMR), le Pôle Gestion et Système d’Information (GSI), le Pôle Stratégie et Relations Extérieures (PSRE) et le Pôle Ressources Humaines et Formation (PRHF).
L’objectif de cette réorganisation est de simplifier et améliorer le fonctionnement interne du CEA, dans la continuité de la mise en place en 2000 des quatre pôles opérationnels cités au chapitre 2. Les pôles fonctionnels constituent le soutien indispensable (en termes de sécurité/sûreté, finances, gestion du personnel, formation, juridique,…) sont aux services des pôles opérationnels. Les quatre directeurs des pôles fonctionnels participent, au côté de l ‘Administrateur Général, de l’Administrateur Général Adjoint, du Haut Commissaire et des Cinq directeurs des pôles opérationnels, aux conseils de direction.

Le Pôle Maîtrise des Risques regroupe la Direction centrale de la sécurité (gérant la sécurité classique du travail et de la protection du secret militaire et de la propriété industrielle), la Direction de la protection et de la sûreté nucléaire (chargée de l'application de la réglementation sur la Sûreté Nucléaire et la Radioprotection du personnel et de l'environnement), la Direction juridique et du contentieux et l’Inspection générale et nucléaire.

Le Pôle Gestion et Systèmes d’Information regroupe la Direction des participations chargé du suivi des filiales et des participations du CEA , la Direction financière, la Direction des systèmes d’information gérant les systèmes informatiques, le site Internet http://www.cea.fr et l'Intranet devenu un outil d'échanges internes incontournables (chaque agent dispose ou a aisément accès à un ordinateur). la Direction des achats et des ventes et l’Etablissement Siège.

Le Pôle Stratégie et Relations Extérieures regroupe la Direction des programmes (ex direction de la stratégie et de l’évaluation), la Direction de la communication, la Direction des relations internationales (Agence Internationale de l'Energie Atomique – AIEA, EURATOM, etc.) et la Mission Développement durable qui doit valoriser les travaux menés au CEA sur ce thème.

Le Pôle Ressources Humaines regroupe la Direction des ressources humaines et des relations sociales (DRHRS) et l’Institut national des sciences et techniques nucléaires.

4. GESTION DU PERSONNEL         
Le CEA compte plus de 15 000 salariés dont ± 50 % de cadres ± 29 % de femmes et d'âge moyen de 42 ans et demi. Cet effectif est quasiment doublé par les agents des entreprises extérieures (restauration, nettoyage, entretien et maintenance des bâtiments et de leurs équipements, gestion du courrier, etc. mais également les agents des organismes d'Etat (université, CNRS, etc.), et des partenaires industriels participant aux recherches.

Le statut du personnel est strictement de type privé pour garantir l'autonomie de l'Etablissement non soumis à l'application d'une Convention Collective. La gestion du personnel est assurée à l'aide d'une Convention de Travail propre au CEA. Celle-ci met en place un Comité National ayant une parité de Représentants de l'Administration et d'élus des Organisations Syndicales représentatives, une Association Centrale des Affaires Sociales (ACAS) doté d'un budget de 3 % de la masse salariale et d'un Conseil de Discipline.

La gestion des agents est décentralisée sur chaque Etablissement : Délégués du Personnel, Commission d'Avancement, Comité d'Hygiène et Sécurité, Bureau Local de Gestion (BLG) des Associations Locales des Affaires Sociales (ALAS) qui financent des Associations Culturelles et Sportives. L'ensemble des personnels des Entreprises présentes sur les sites peut adhérer aux différentes activités moyennant des cotisations un peu supérieures à celles des agents CEA.

Tout le personnel fait l'objet d'un suivi médical, très renforcé pour les travailleurs Directement Affectés aux Travaux Sous Rayonnements (DATR) : analyses de sang, contrôles de la vision, de l'audition, cardiaque, etc.

5. LES BUDGETS         

Chiffres clés pour l'exercice 2002 arrondis en million d'euros (M€) incluant l'IPSN en Janvier et Février 2002 jusqu'à son transfert à l'IRSN (Source : site www.cea.fr)
Ressources
Dépenses
Poste budgétaire
Montant
%
Poste budgétaire
Montant
%
 
M€
   
M€
 
Financement civil
   
Dépenses civiles
   
Subvention Recherche
492
33,04%
Main d'œuvre et déplacements
734
48,38%
Subvention Industrie
416
27,94%
Soutien des programmes
599
39,49%
Recettes externes
459
30,83%
Equipements
121
7,98%
Fonds dédiés assainissement
114
7,66%
Charges fiscales
63
4,15%
Financement IPSN au CEA
8
0,54%
Total
1517
100,00%
Total
1489
100,00%
     
     
Dépenses "Défense"
   
Financement "Défense"
   
Main d'œuvre et déplacements
322
28,20%
Subvention
1148
97,87%
Soutien des programmes
620
54,29%
Recettes externes
23
1,96%
Equipements
90
7,88%
Report de disponible
2
0,17%
Charges fiscales
110
9,63%
Total
1173
100,00%
Total
1142
100,00%
           
Financement IPSN
   
Dépenses IPSN
   
Subvention
23
63,89%
Main d'œuvre et déplacements
15
71,43%
Recettes externes
4
11,11%
Soutien des programmes
3
14,29%
Financement CEA à l'IPSN
1
2,78%
Equipements
2
9,52%
Report de disponible
8
22,22%
Charges fiscales
1
4,76%
Total
36
100,00%
Total
21
100,00%
           
Total
2698
 
Total
2680
 

Voici quelques précisions sur des postes sensibles
Charges de personnel
   
Impôts, taxes et versements assimilés
 
Traitements et salaires 749   TVA non récupérable sur biens et services 101
Charges sociales 266   Taxe sur les salaires 57
Déplacements, missions 47   Taxe sur installations nucléaires de base 7
      Autres impôts 6
Total
1062  
Total
171

Provisions pour risques et charges
Provision pour démantèlement, traitement des déchets et combustibles sans emploi
7451
Provision pour litiges
38
Provision pour garanties
36
Provision pour traitement des déchets courants
27
Provision pour retraites
18
Autres provisions
10
Total
7580
   


6. DIFFUSION, ESSAIMAGE ET CEA INDUSTRIE
        
Depuis l'origine, le CEA est un acteur important du développement économique dans ses domaines de compétence, c'est ainsi que :
- le transfert de la recherche minière, du traitement de l'uranium, de la fabrication du combustible et son retraitement a donné naissance à la Compagnie Générale des Matières Atomiques (COGEMA), qui avec les constructeurs de réacteurs français FRAMATOME et allemand SIEMENS, ont donné naissance à la compagnie internationale AREVA,
- la maîtrise de la gestion des déchets a été transférée à l'Agence Nationale de Gestion des Déchets Radioactifs (ANDRA) organisme d'état,
- l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire, regroupé avec l'Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants (OPRI - du Ministère de la Santé) constituent maintenant l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN),
- le service informatique est devenu la Compagnie d'Ingénierie et de Services Informatiques (CISI) puis est venu renforcer la Société CAP-Gémini,
et bien d'autres (Intercontrôle, Technicatome, Oris, STMI, etc. etc.), la liste en est très longue.

A l'aide de toutes ses participations, le CEA a généré une "holding" CEA-Industrie qui gère l'actionnariat de l'état dans une soixantaine de sociétés.

Le CEA dispose de 1 600 brevets en portefeuille qui lui assurent 430 millions d'euros de recettes annuelles complétées par 1 300 contrats signés avec des partenaires de l'Industrie.

La volonté de développer la diffusion technologique a permis de mettre en place la politique d'essaimage qui offre à des chercheurs la possibilité de créer leur entreprise et d'exploiter directement les brevets dont ils sont les inventeurs, c'est ainsi que plus de 80 entreprises de haute technologie ont été créées en vingt ans.

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Association des Retraités du groupe CEA, indépendante de l'Etablissement Public de Recherche             haut de page —>>haut de page