" LE NUCLEAIRE : QUESTIONS / REPONSES "
(Fiche
N°0 - mars 2000)
Les
membres de l'ARCEA, sensibilisés par les discussions dont ils
sont les témoins, ont décidé de fournir des informations
objectives à leur collègues, et à travers eux,
au large public avec lequel chacun est en contact. Des fiches simples
seront publiées régulièrement traitant d'abord
des sujets généraux, et ensuite des problèmes
d'actualité. Des informations complémentaires pourront
toujours être obtenues auprès de votre section.
Le "nucléaire",
ou "l'énergie atomique", ou la "radioactivité",
sont des termes qui représentent pour la plupart des individus
des notions extrêmement différentes, entraînant des
avis allant des plus optimistes aux plus alarmistes. Il y a du vrai
partout, mais il s'agit en général d'une affaire d'ordre
de grandeur et d'unités.
Ce n'est
pas parce que l'on mesure une grandeur par un nombre donné en
millions voire beaucoup plus, que le risque est important : par exemple
on peut mesurer la surface de sa chambre en mètres carrés
et elle fera alors 4 mètres sur 3 soit 12 mètres carrés
; mais si on la mesure en microns, elle fera 4.000.000 microns par 3.000.000,
soit 12 suivi de 12 zéros, valeurs qui ne disent absolument rien
parce que sans rapport avec nos repères habituels.
Ainsi 100
grammes de viande correspondent environ à 10 puissance 25 (25
zéros) atomes. Il en est de même de la radioactivité
exprimée réglementairement en nombre d'atomes qui se désintègrent
chaque seconde; ce sont les Becquerels, mais malheureusement ce nombre
exprimé en becquerels est tellement énorme qu'il ne permet
pas de comparaison facile.
C'est pourquoi nous nous efforcerons de situer les données par
rapport aux références aisément perceptibles que
sont les niveaux autorisés ou ceux que l'on rencontre dans la
vie courante.
Par des
mesures appropriées, on peut freiner les dépenses d'énergie
dans les pays développés mais les besoins sont considérables
dans les autres pays. Il est impératif de préserver
des réserves pour les générations futures en forte
croissance, de ce fait il est inacceptable de brûler des matières
fossiles dont les réserves ne sont pas inépuisables
( pétrole, charbon,) et dont la nature est irremplaçable
(pétrole pour la chimie).
Les
réserves énergétiques par l'uranium (ou le
thorium) sont beaucoup plus importantes : 7 grammes d'uranium fournissent
autant d'énergie que 1 tonne de charbon. Les réacteurs
à neutrons rapides améliorent encore ce rendement.
Les
énergies renouvelables restent chères, insuffisantes
et souvent indisponibles (sécheresse, calme de vent, ciel couvert).
Comme
toutes les activités énergétiques, l'industrie
du nucléaire et sa recherche mettent en jeu des matières
qui font courir un risque aux travailleurs et aux populations.De
même, jadis, les mineurs de charbon ont payé un lourd tribu
à la soif d'énergie des hommes qui l'admettaient comme
inéluctable. Aujourd'hui les explosions de gaz dans les habitations
n'ont pas causé l'abandon de cette énergie. Le risque
zéro n'existe pas mais on cherche à s'en rapprocher
le plus possible. C'est ce qu'on appelle le principe "ALARA"
(as low as reasonably acceptable), mais jusqu'où peut-on
aller?
Les moyens
de mesure dont disposent les organismes nucléaires sont extrêmement
performants et permettent de détecter des rayonnements ionisants
à des niveaux très inférieurs à ceux qui
peuvent commencer à faire courir un risque, ce qui n'est généralement
pas du tout le cas pour les autres nuisances (par exemple la chimie
nécessite des analyses très délicates, longues
à mettre en oeuvre et beaucoup moins précises). C'est
ainsi que l'on mesure facilement le niveau de radioactivité de
notre organisme contenu naturellement dans les os du squelette, ce qui
pourrait, à l'extrême, amener à considérer
les cimetières comme des "déposantes" de déchets
de faible activité.
Certains
pensent que l'on cache volontairement des risques tant il leur semble
que les informations sont divergentes selon qu'elles sont issues d'un
organisme impliqué ou d'un autre. En général il
n'y a pas d'ambiguïté sur les événements et
les mesures, mais il y a ambiguïté sur les interprétations.
L'explication que l'on peut en donner est difficile car la technique
et la science du nucléaire nécessitent une formation que
l'on ne peut pas donner à tout le monde. Chacun sait combien
il a du mal à expliquer à autrui un point de technique
qui lui est personnellement familier. C'est particulièrement
le cas lorsque l'on voit les médias traiter d'un sujet que l'on
connaît bien.
Nous voulons
faire passer ici un message clair et simple que nous avons assimilé
peu à peu, chacun, dans nos spécialités du nucléaire,
tout au long d'une vie professionnelle, de façon à répondre
aux questions qui se posent et qui se poseront encore pendant longtemps.
Merci de nous faire parvenir par le biais de votre correspondant de
section, les questions que vous souhaitez voir abordées et les
remarques et suggestions que susciteront les textes diffusés.
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