Foire Aux Questions 2001

1279 - Quelle est la principale source d'énergie sur terre ?
1280 - D'où viennent les matières fissiles ?
1281 - Pourquoi le centre de la terre est-il chaud ?
1282 - Y a-t-il une énergie totalement non nucléaire ?
1283 - La consommation d'énergie est-elle synonyme de progrès ?
1284 - Quand doit-on arrêter le progrès ?
1285 - Qu'est-ce qui est le plus grave pour les générations futures ?
1286 - Quelle est notre espérance de vie ?
1287 - La radioactivité est-elle dangereuse ?
1288 - Qu'est-ce que la radioactivité artificielle ?
1289 - Pourquoi distribue-t-on des pastilles d'iode autour des centrales ?
1290 - Qu'est-ce que le radon ?
1291 - Peut-on se passer de la radioactivité ?
1301 - Est-il dangereux de se baigner à TAHITI ?
1303 - L'accident de Tchernobyl a-t-il fait des victimes en France ?

Quelle est la principale source d'énergie sur terre ?
Le SOLEIL est la première source d'énergie sur terre, c'est bien grâce à la fusion nucléaire que les rayonnements du soleil :
- réchauffent la terre,
- produisent la photosynthèse (à l'origine des énergies fossiles : charbon, pétrole et gaz ainsi que de la biomasse actuelle),
- créent les mouvements climatiques générateurs des pluies et des vents (énergies hydraulique et éolienne),
- et, enfin, nous fournissent directement la lumière (énergie photovoltaïque).

D'où viennent les matières fissiles ?
Les MATIERES FISSILES constituent la seconde source d'énergie sur terre - Uranium et Thorium. Ce sont des métaux naturellement radioactifs, extraits de minerais de la croûte terrestre, utilisés comme combustibles dans les réacteurs nucléaires pour produire de la chaleur et de l'électricité.

Pourquoi le centre de la terre est-il chaud ?
Le magma au centre de la terre est maintenu en fusion par la radioactivité des matériaux. Malgré de nombreuses tentatives la GÉOTHERMIE reste de faible importance.

Y a-t-il une énergie totalement non nucléaire ?
Oui : l'énergie MAREE MOTRICE. Produite par l'attraction de la lune sur la masse des océans, les centrales marée motrice ont fait naître quelques espoirs mais ont un fort impact sur les sites d'implantation et s'avèrent difficilement multipliables.

La consommation d'énergie est-elle synonyme de progrès ?
La consommation d'énergie a été multipliée, en France, par un facteur dix en cent ans, dans le même temps l'espérance de vie est passée d'environ 50 ans à 75 ans pour les hommes et à 83 ans pour les femmes.

Quand doit-on arrêter le progrès ?
L'Homme, depuis son origine, a continuellement modifié son environnement (depuis la première cueillette, la première chasse, le premier feu … et après, ne serait-ce pas le progrès ?). Aucune attitude passéiste ou rétrograde ne saurait l'immobiliser, sinon à quelle date s'arrête-t-on ? l'an 1000, 1500, 1900 ?
Qu'est-ce qui est le plus grave pour les générations futures ?
- hériter d'un stockage parfaitement maîtrisé de quelques centaines de mètres cube de déchets nucléaires,
- ou être saturées de gaz carbonique et privées de toute source d'énergies fossiles.

Quelle est notre espérance de vie ?
80 % de l'énergie est consommée par 20 % de la population mondiale (Amérique de Nord, Europe Unie, Japon) offrant une espérance de vie de 75 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes.
19 % de l'énergie est consommée par 60 % de la population, avec une espérance de vie à peine supérieure à 53 ans (Amérique du Sud, Europe centrale, Moyen Orient, Asie de l'Est).
Le 1 % restant est consommé par 20 % de la population, essentiellement pour cuire quelques aliments, avec une espérance de vie inférieure à 40 ans (Afrique Équatoriale, Inde).

La radioactivité est-elle dangereuse ?
Ni plus ni moins que d'autres phénomènes naturels, tout est relatif :
sortir par un beau soleil un matin d'hiver est parfaitement réconfortant, rester deux heures, nu, dans le désert est mortel ;
se réchauffer près d'un radiateur ou face à une cheminée est très agréable, être pris dans un incendie est une mort atroce;
se désaltérer d'un grand verre d'eau fraîche est délicieux, boire trois litres d'eau d'un trait est mortel, etc.
L'homme vit depuis l'origine des temps dans l'ambiance radioactive entretenue par les rayonnements cosmiques, ceux des matériaux qui l'entourent et la radioactivité de son propre corps. Il supporte sans gêne le rayonnement des appareils de radiographies médicales.
Mais, bien sûr, il souffre de brûlures sous de fortes doses de rayonnement, pouvant entraîner la mort, comme par le soleil ou le feu, ou bien encore par un produit chimique (acide). Dans ces derniers cas il s'agit de risques tacitement acceptés…ils ont fait tellement de victimes par le passé ! Cela est aussi vrai pour le tabac, l'alcool, l'automobile !

Qu'est-ce que la radioactivité artificielle ?
Cette expression est utilisée par opposition à la radioactivité dite "naturelle", c'est-à-dire que l'on trouve encore dans la nature, comme par exemple :
- l'uranium, le radium et le thorium dans la croûte terrestre,
- le carbone 14 et le tritium dans l'atmosphère,
- le potassium 40 dans le corps humain, etc.
On qualifie "d'artificielle" la radioactivité due à des corps dont les isotopes instables avaient disparu de la surface de la terre, du fait de leur décroissance. En fait, il n'y a rien "d'artificiel", ni de surnaturel, ni de sorcellerie due à des apprentis, seulement la recréation de ces corps lors de réactions physiques produites par l'homme (accélérateurs, réacteurs). Ces réactions existent le plus naturellement du monde dans les étoiles et dans le soleil. On devrait sans doute plutôt dire "radioactivité induite".

Pourquoi distribue-t-on des pastilles d'iode autour des centrales ?
En cas d'accident majeur, des gaz radioactifs pourraient s'échapper des installations gravement endommagées, dont de l'iode 132. Lorsqu'on le respire, ce gaz a l'inconvénient de produire de l'iode qui se fixe sur la glande thyroïde. Si la quantité fixée est importante et au bout de plusieurs années l'iode radioactif peut induire un cancer. Or, la glande thyroïde a une capacité limitée de fixation de l'iode, quelle que soit sa forme. on dit qu'elle est saturée.
L'absorption de pastille d'iode stable, dès l'annonce d'un risque de libération d'iode radioactif, a pour but d'obtenir rapidement cette saturation et ainsi de protéger les individus contre la fixation de cet iode radioactif.

Qu'est-ce que le radon ?
Le radon est un gaz radioactif produit en permanence dans la nature par la désintégration du radium, lui-même issu de la désintégration de l'uranium. Normalement, ce gaz est dispersé dans l'atmosphère et n'offre aucun inconvénient. Mais, dans certaines circonstances : grotte, galerie de mine ou cave, non ventilées dans des terrains granitiques, ce gaz plus lourd que l'air peut s'accumuler dans les parties basses de ces lieux, surtout par temps très calme (inversion de température).
Le gaz en lui-même n'est pas particulièrement dangereux, mais en se désintégrant à son tour, il produit des descendants solides émetteurs alpha qui peuvent se fixer dans l'organisme (poumons, voie digestive) et en forte quantité et à long terme générer des lésions.
Il est donc prudent, dans les régions granitiques, d'assurer une bonne ventilation si l'on doit séjourner très longtemps dans les parties basses des habitations.

Peut-on se passer de la radioactivité ?
Absolument pas ! La radioactivité existe depuis l'origine des temps (que ce soit le big-bang ou la création du monde par Dieu). On la trouve partout, dans la croûte terrestre, dans l'atmosphère, dans le corps humain (NDLR : Dominique Voynet "fait" sans doute de l'ordre de 7 000 becquerels - peut-être plus que 6 500 depuis les élections municipales ?) et l'homme s'y est parfaitement accommodé.
Si on supprimait la radioactivité, le centre de la terre se refroidirait entraînant des catastrophes énormes suite à la contraction du globe, les étoiles s'éteindraient… ainsi que le soleil. Nous serions plongés dans l'obscurité totale et un froid sidéral, toute vie disparaîtrait de la surface de la terre.

Est-il dangereux de se baigner à TAHITI ?
Certes ! se plonger dans de l'eau relativement fraîche lorsque l'on est resté longtemps au soleil risque de provoquer une hydrocution avec crise cardiaque. Ces eaux paradisiaques sont habitées par des animaux (requins, méduses, poissons pierre) ou des algues dont le contact peut être désagréable, voire franchement dangereux. Toutefois, il y a très peu de pollution industrielle, si on évite les points de rejet des stations d'épuration.
Pour les hommes, s'ils se baignent avec une VAHINÉ, lorsqu'elle abandonne son paréo, leur regard doit rester fixé sur son collier de fleurs, sous peine de conjonctivite ou même pire, de crise cardiaque.
En ce qui concerne la radioactivité, il faut se rappeler que :
· les sites expérimentaux de MURUROA et FANGATAUFA sont interdits au public et situés à plus de 1 200 km de TAHITI,
· les essais atmosphériques ont pris fin en 1975 et que les essais souterrains ont été définitivement arrêtés en 1996.
Depuis, une surveillance permanente, sous le contrôle des autorités de l'Agence Internationale pour l'Énergie Atomique (AIEA à VIENNE) n'a laissé apparaître aucune résurgence de radioactivité supérieure à la normale naturelle.
Si vous allez vous baigner à TAHITI ou dans les atolls, le seul risque radioactif que vous prendrez... c'est au cours du voyage en avion (voir les rubriques " Rayonnements Naturels" et "Faibles doses").

L'accident de Tchernobyl a-t-il fait des victimes en France ?
Dans l'état actuel des connaissances on aurait tendance à répondre : non ! mais il restera toujours très difficile de répondre à cette question, que ce soit de façon positive ou négative.
Après un parcours de quelques 1 500 km, le nuage qui a atteint la France était très dilué. Les mesures effectuées ont démontré que la contamination atmosphérique était inférieure aux normes sanitaires universellement reconnues.
Le risque était constitué par l'apparition de thyroïdites, surtout chez les jeunes enfants. Or, une étude récente vient d'être publiée, en voici quelques extraits :
Communiqué de presse :
"Enquête sur les conséquences sanitaires en Franche-Comté de l'accident de Tchernobyl. Premiers Résultats Octobre 2001.
Suite à l'explosion, le 26 avril 1986, de la 4ème tranche de la Centrale Nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) un nuage radioactif a recouvert la France du 1er mai au 3 mai 1986, conduisant à des retombées principalement localisées dans l'Est de la France.
… La section généraliste de l'Union Régionale des Médecins Libéraux de Franche-Comté a (donc) décidé, dans le cadre de ses missions légales, d'initier une enquête épidémiologique descriptive sur les conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl, pour acquérir des connaissances qui faisaient alors défaut et mettre en place une éventuelle stratégie de prévention…
… Un comité de pilotage, présidé par le docteur Martial OLIVIER-KOEHRET et composé de médecins généralistes, de médecins spécialistes libéraux et d'épidémiologistes de la Faculté de Médecine-Pharmacie de Besançon (le professeur Jean-François VIEL et le docteur Patrick ARVEUX), a été mis en place. Le docteur Frédéric MAUNY, recruté pour l'occasion, a coordonné l'ensemble de l'étude. Après l'obtention de l'accord de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, l'enquête s'est étalée sur trois ans, pour être aujourd'hui restituée aux médecins libéraux qui ont fourni la majorité des informations de base…
… Les résultats que nous rendons publics aujourd'hui, pour la Franche-Comté, et à partir des outils méthodologiques à notre disposition, sont principalement les suivants :
1. Nous ne mettons pas en évidence de variation significative du cancer de la thyroïde de l'enfant, ni dans le temps ni dans l'espace.
2. Nous concluons à une augmentation significative du diabète insulinodépendant de l'enfant avec le temps, compatible avec les tendances européennes…"
Pour plus d'information :
· Pr Jean-François VIEL, responsable scientifique,
· Dr Frédéric MAUNY, chargé de la mise en œuvre de l'étude,
- Dr Martial OLIVIER-KOEHRET, président du comité de pilotage.

Réf : 1309 - MAJ 21/10/04

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