Foire
Aux Questions 2001
Quelle
est la principale source d'énergie sur terre ?
Le
SOLEIL est la première source d'énergie sur terre,
c'est bien grâce à la fusion nucléaire que
les rayonnements du soleil :
- réchauffent la terre,
- produisent la photosynthèse (à l'origine des énergies
fossiles : charbon, pétrole et gaz ainsi que de la biomasse
actuelle),
- créent les mouvements climatiques générateurs
des pluies et des vents (énergies hydraulique et éolienne),
- et, enfin, nous fournissent directement la lumière (énergie
photovoltaïque).
D'où
viennent les matières fissiles ?
Les
MATIERES FISSILES constituent la seconde source d'énergie
sur terre - Uranium et Thorium. Ce sont des métaux naturellement
radioactifs, extraits de minerais de la croûte terrestre,
utilisés comme combustibles dans les réacteurs nucléaires
pour produire de la chaleur et de l'électricité.
Pourquoi
le centre de la terre est-il chaud ?
Le
magma au centre de la terre est maintenu en fusion par la radioactivité
des matériaux. Malgré de nombreuses tentatives la
GÉOTHERMIE reste de faible importance.
Y
a-t-il une énergie totalement non nucléaire ?
Oui
: l'énergie MAREE MOTRICE. Produite par l'attraction de
la lune sur la masse des océans, les centrales marée
motrice ont fait naître quelques espoirs mais ont un fort
impact sur les sites d'implantation et s'avèrent difficilement
multipliables.
La
consommation d'énergie est-elle synonyme de progrès
?
La
consommation d'énergie a été multipliée,
en France, par un facteur dix en cent ans, dans le même
temps l'espérance de vie est passée d'environ 50
ans à 75 ans pour les hommes et à 83 ans pour les
femmes.
Quand doit-on arrêter le progrès ?
L'Homme,
depuis son origine, a continuellement modifié son environnement
(depuis la première cueillette, la première chasse,
le premier feu
et après, ne serait-ce pas le progrès
?). Aucune attitude passéiste ou rétrograde ne saurait
l'immobiliser, sinon à quelle date s'arrête-t-on
? l'an 1000, 1500, 1900 ?
Qu'est-ce
qui est le plus grave pour les générations futures
?
-
hériter d'un stockage parfaitement maîtrisé
de quelques centaines de mètres cube de déchets
nucléaires,
-
ou être saturées de gaz carbonique et privées
de toute source d'énergies fossiles.
Quelle
est notre espérance de vie ?
80
% de l'énergie est consommée par 20 % de la population
mondiale (Amérique de Nord, Europe Unie, Japon) offrant
une espérance de vie de 75 ans pour les hommes et 83 ans
pour les femmes.
19 % de l'énergie est consommée par 60 % de la population,
avec une espérance de vie à peine supérieure
à 53 ans (Amérique du Sud, Europe centrale, Moyen
Orient, Asie de l'Est).
Le 1 % restant est consommé par 20 % de la population,
essentiellement pour cuire quelques aliments, avec une espérance
de vie inférieure à 40 ans (Afrique Équatoriale,
Inde).
La radioactivité est-elle dangereuse ?
Ni
plus ni moins que d'autres phénomènes naturels,
tout est relatif :
sortir par un beau soleil un matin d'hiver est parfaitement réconfortant,
rester deux heures, nu, dans le désert est mortel ;
se réchauffer près d'un radiateur ou face à
une cheminée est très agréable, être
pris dans un incendie est une mort atroce;
se désaltérer d'un grand verre d'eau fraîche
est délicieux, boire trois litres d'eau d'un trait est
mortel, etc.
L'homme
vit depuis l'origine des temps dans l'ambiance radioactive entretenue
par les rayonnements cosmiques, ceux des matériaux qui
l'entourent et la radioactivité de son propre corps. Il
supporte sans gêne le rayonnement des appareils de radiographies
médicales.
Mais,
bien sûr, il souffre de brûlures sous de fortes doses
de rayonnement, pouvant entraîner la mort, comme par le
soleil ou le feu, ou bien encore par un produit chimique (acide).
Dans ces derniers cas il s'agit de risques tacitement acceptés
ils
ont fait tellement de victimes par le passé ! Cela est
aussi vrai pour le tabac, l'alcool, l'automobile !
Qu'est-ce
que la radioactivité artificielle ?
Cette
expression est utilisée par opposition à la radioactivité
dite "naturelle", c'est-à-dire que l'on trouve
encore dans la nature, comme par exemple :
-
l'uranium, le radium et le thorium dans la croûte terrestre,
-
le carbone 14 et le tritium dans l'atmosphère,
-
le potassium 40 dans le corps humain, etc.
On
qualifie "d'artificielle" la radioactivité due
à des corps dont les isotopes instables avaient disparu
de la surface de la terre, du fait de leur décroissance.
En fait, il n'y a rien "d'artificiel", ni de surnaturel,
ni de sorcellerie due à des apprentis, seulement la recréation
de ces corps lors de réactions physiques produites par
l'homme (accélérateurs, réacteurs). Ces réactions
existent le plus naturellement du monde dans les étoiles
et dans le soleil. On devrait sans doute plutôt dire "radioactivité
induite".
Pourquoi distribue-t-on des pastilles d'iode autour des centrales
?
En
cas d'accident majeur, des gaz radioactifs pourraient s'échapper
des installations gravement endommagées, dont de l'iode
132. Lorsqu'on le respire, ce gaz a l'inconvénient de produire
de l'iode qui se fixe sur la glande thyroïde. Si la quantité
fixée est importante et au bout de plusieurs années
l'iode radioactif peut induire un cancer. Or, la glande thyroïde
a une capacité limitée de fixation de l'iode, quelle
que soit sa forme. on dit qu'elle est saturée.
L'absorption
de pastille d'iode stable, dès l'annonce d'un risque de
libération d'iode radioactif, a pour but d'obtenir rapidement
cette saturation et ainsi de protéger les individus contre
la fixation de cet iode radioactif.
Qu'est-ce que le radon ?
Le
radon est un gaz radioactif produit en permanence dans la nature
par la désintégration du radium, lui-même
issu de la désintégration de l'uranium. Normalement,
ce gaz est dispersé dans l'atmosphère et n'offre
aucun inconvénient. Mais, dans certaines circonstances
: grotte, galerie de mine ou cave, non ventilées dans des
terrains granitiques, ce gaz plus lourd que l'air peut s'accumuler
dans les parties basses de ces lieux, surtout par temps très
calme (inversion de température).
Le
gaz en lui-même n'est pas particulièrement dangereux,
mais en se désintégrant à son tour, il produit
des descendants solides émetteurs alpha qui peuvent se
fixer dans l'organisme (poumons, voie digestive) et en forte quantité
et à long terme générer des lésions.
Il
est donc prudent, dans les régions granitiques, d'assurer
une bonne ventilation si l'on doit séjourner très
longtemps dans les parties basses des habitations.
Peut-on se passer de la radioactivité ?
Absolument
pas ! La radioactivité existe depuis l'origine des temps
(que ce soit le big-bang ou la création du monde par Dieu).
On la trouve partout, dans la croûte terrestre, dans l'atmosphère,
dans le corps humain (NDLR : Dominique Voynet "fait"
sans doute de l'ordre de 7 000 becquerels - peut-être plus
que 6 500 depuis les élections municipales ?) et l'homme
s'y est parfaitement accommodé.
Si
on supprimait la radioactivité, le centre de la terre se
refroidirait entraînant des catastrophes énormes
suite à la contraction du globe, les étoiles s'éteindraient
ainsi que le soleil. Nous serions plongés dans l'obscurité
totale et un froid sidéral, toute vie disparaîtrait
de la surface de la terre.
Est-il
dangereux de se baigner à TAHITI ?
Certes
! se plonger dans de l'eau relativement fraîche lorsque
l'on est resté longtemps au soleil risque de provoquer
une hydrocution avec crise cardiaque. Ces eaux paradisiaques sont
habitées par des animaux (requins, méduses, poissons
pierre) ou des algues dont le contact peut être désagréable,
voire franchement dangereux. Toutefois, il y a très peu
de pollution industrielle, si on évite les points de rejet
des stations d'épuration.
Pour
les hommes, s'ils se baignent avec une VAHINÉ, lorsqu'elle
abandonne son paréo, leur regard doit rester fixé
sur son collier de fleurs, sous peine de conjonctivite ou même
pire, de crise cardiaque.
En
ce qui concerne la radioactivité, il faut se rappeler que
:
·
les sites expérimentaux de MURUROA et FANGATAUFA sont interdits
au public et situés à plus de 1 200 km de TAHITI,
·
les essais atmosphériques ont pris fin en 1975 et que les
essais souterrains ont été définitivement
arrêtés en 1996.
Depuis, une surveillance permanente, sous le contrôle des
autorités de l'Agence Internationale pour l'Énergie
Atomique (AIEA à VIENNE) n'a laissé apparaître
aucune résurgence de radioactivité supérieure
à la normale naturelle.
Si vous allez vous baigner à TAHITI ou dans les atolls,
le seul risque radioactif que vous prendrez... c'est au cours
du voyage en avion (voir les rubriques " Rayonnements Naturels"
et "Faibles doses").
L'accident de Tchernobyl a-t-il fait des victimes en France ?
Dans
l'état actuel des connaissances on aurait tendance à
répondre : non ! mais il restera toujours très difficile
de répondre à cette question, que ce soit de façon
positive ou négative.
Après un parcours de quelques 1 500 km, le nuage qui a
atteint la France était très dilué. Les mesures
effectuées ont démontré que la contamination
atmosphérique était inférieure aux normes
sanitaires universellement reconnues.
Le risque était constitué par l'apparition de thyroïdites,
surtout chez les jeunes enfants. Or, une étude récente
vient d'être publiée, en voici quelques extraits
:
Communiqué de presse :
"Enquête
sur les conséquences sanitaires en Franche-Comté
de l'accident de Tchernobyl. Premiers Résultats Octobre
2001.
Suite à l'explosion, le 26 avril 1986, de la 4ème
tranche de la Centrale Nucléaire de Tchernobyl (Ukraine)
un nuage radioactif a recouvert la France du 1er mai au 3 mai
1986, conduisant à des retombées principalement
localisées dans l'Est de la France.
La section généraliste de l'Union Régionale
des Médecins Libéraux de Franche-Comté a
(donc) décidé, dans le cadre de ses missions légales,
d'initier une enquête épidémiologique descriptive
sur les conséquences sanitaires de l'accident de Tchernobyl,
pour acquérir des connaissances qui faisaient alors défaut
et mettre en place une éventuelle stratégie de prévention
Un comité de pilotage, présidé par
le docteur Martial OLIVIER-KOEHRET et composé de médecins
généralistes, de médecins spécialistes
libéraux et d'épidémiologistes de la Faculté
de Médecine-Pharmacie de Besançon (le professeur
Jean-François VIEL et le docteur Patrick ARVEUX), a été
mis en place. Le docteur Frédéric MAUNY, recruté
pour l'occasion, a coordonné l'ensemble de l'étude.
Après l'obtention de l'accord de la Commission nationale
de l'informatique et des libertés, l'enquête s'est
étalée sur trois ans, pour être aujourd'hui
restituée aux médecins libéraux qui ont fourni
la majorité des informations de base
Les résultats que nous rendons publics aujourd'hui,
pour la Franche-Comté, et à partir des outils méthodologiques
à notre disposition, sont principalement les suivants :
1.
Nous ne mettons pas en évidence de variation significative
du cancer de la thyroïde de l'enfant, ni dans le temps ni
dans l'espace.
2.
Nous concluons à une augmentation significative du diabète
insulinodépendant de l'enfant avec le temps, compatible
avec les tendances européennes
"
Pour
plus d'information :
·
Pr
Jean-François VIEL, responsable scientifique,
·
Dr Frédéric MAUNY,
chargé de la mise en uvre de l'étude,
-
Dr Martial OLIVIER-KOEHRET,
président du comité de pilotage.
Réf
: 1309 - MAJ
21/10/04