1. Pourquoi consommer de l'énergie ? 
Les courbes de longévité des êtres humains
suivent celles de leur consommation d'énergie (dans le temps,
comme selon leur répartition géo-économique).
La consommation d'énergie détermine l'accès au
confort, l'hygiène, les soins médicaux, la production,
la conservation et la cuisson des aliments, l'éducation et
la formation, etc.
Ce sont les réactions thermonucléaires du soleil
qui sont à l'origine des principales sources d'énergie
dont nous disposons sur terre : par le chauffage direct du globe
terrestre, par le biotope végétal (bois) et animal
(avec l'énergie musculaire, dont celle de l'homme), par le
charbon, le pétrole et le gaz, par les mouvements climatiques
à l'origine de la pluie (l'hydraulique), des vents (l'éolien),
etc.
Le nucléaire est un moyen de satisfaire à la demande,
justifiée, d'énergie. Si sa découverte, par
l'homme, est relativement récente, il existe cependant depuis
l'origine des temps ; bien avant que l'homme n'ait découvert
le feu, la chute d'eau ou le vent dans les voiles.
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2. Quelle est la place du nucléaire dans la consommation d'énergie
? 
En France, la consommation d'énergie a été multipliée
par un facteur dix en cent ans et quinze en 170 ans où elle
est passée de 0,3 tep par personne en 1830 à 1,5 tep
en 1920 pour atteindre actuellement 4,5 tep1. La consommation d'énergie
nucléaire a représenté, en France, 39% de la
consommation totale d'énergie en l'an 2000, contre 16% en moyenne
dans l'Union Européenne, mais elle a représenté
77,5% de la consommation d'électricité, outre une partie
exportée. Le charbon, la plus polluante des énergies
fossiles, a représenté 6% de la consommation totale
contre une moyenne de 15% dans l'UE ; grâce au nucléaire,
la France consomme également relativement moins de gaz (14%
de la consommation totale contre 23% en moyenne pour l'UE) et de pétrole
(34% contre 40%). Les énergies renouvelables ont représenté
7% de la consommation énergétique.
1 tep = tonne équivalent pétrole, Mtep = million
de tonne équivalent pétrole |
3. Atomique ou nucléaire, c'est naturel ? 
Il a fallu attendre la fin du 19ème siècle pour que
l'Homme découvre la radioactivité qui est un phénomène
de base de la constitution de l'univers, depuis son origine. Moins
de cinquante ans après, il en maîtrisait toutes les possibilités
énergétiques et élargissait considérablement
sa connaissance de la physique fondamentale.
La radioactivité provient de l'instabilité, soit
de certains noyaux par excès de nucléons (neutron
ou proton d’où le mot nucléaire) ou d'énergie,
soit par excès d'électrons (ou également d'énergie)
entourant ce noyau ; lesquels noyaux et électrons forment
ensemble l'atome (d'où atomique), qui est le constituant
de base de la matière. Depuis son origine, l'Homme est soumis
à l'irradiation (rayonnement des particules ou de l'énergie
excédentaire émise lorsque les atomes se stabilisent)
provenant des étoiles, du sol ou de son propre corps. Les
applications médicales (radiographie et radiothérapie)
doublent cette exposition, alors que les utilisations industrielles
ne représentent que moins de 1 % du total des rayonnements
reçus par les habitants de la planète.
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4. Coûts de l'électricité d'origine nucléaire
? 
Les différents coûts de production d'électricité
sont établis par la direction générale de l'énergie
et des matières premières en incluant la marge de bénéfice
du producteur, les taxes locales et la contribution au service public
d'électricité (CSPE). Ils sont exprimés en centimes
d'euro par kilowattheure :
- énergies renouvelables : biomasse 5 à 15, éolien
5 à 13, photovoltaïque 25 à 125, hydraulique 2
à 10, géothermie 2 à 10, énergie marémotrice
8 à 15,
- énergies non renouvelables : nucléaire entre 3,2 et
3,5 c€, charbon 3,7 à 4,0, pétrole et gaz (cycle
combiné) 3,3 à 4,3.
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5. Pourquoi avoir peur du nucléaire ? 
Horrifiantes ! Les bombes de Nagasaki et Hiroshima
ont porté à la connaissance
du public l'importance de la découverte
de la radioactivité jusqu'alors réservée
à quelques scientifiques et experts
médicaux. C'est cette terreur qui a
donné au Général de Gaulle
l'idée de lancer le programme de dissuasion
par la bombe atomique. Depuis, tous les responsables
politiques français ont maintenu le
même argument : le nucléaire
constitue la défense ultime contre
un agresseur. Pour être efficace cette
dissuasion doit être terrifiante et
crédible, c'est-à-dire générer
la peur. Les essais de Reggan et Mururoa
en ont fait la démonstration.
La transposition de cette peur sur les applications civiles du
nucléaire est totalement injustifiée, ou alors il
faudrait avoir la même peur pour le pétrole à
cause des bombes au napalm, etc.
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6. Comment créer une installation nucléaire de base
? 
La réglementation donne le nom d'Installation Nucléaire
de Base (INB) aux équipements nucléaires importants.
Il faut près de 10 ans pour réaliser une INB telle qu'un
réacteur : 5 ans pour obtenir l'Autorisation de Création
et 5 ans pour la construction et la mise en service. Chacune des étapes
est sanctionnée par un décret publié au journal
officiel, après l'étude par la DGSNR des dossiers exigés
du futur Exploitant Nucléaire par la loi :
- Rapport Préliminaire de Sûreté,
décrivant l'installation ainsi que son mode d'exploitation
et comportant une étude d'impact sur l'environnement en
fonctionnement normal et en cas d'incident ou d'accident complété
par une étude sur la gestion des déchets, démontrant
qu'ils sont réduits le plus possible et totalement maîtrisés.
- Règles Générales d'Exploitation
et Programme d'Assurance Qualité,
- Plan Particulier d'Intervention et Plan d'Urgence
Interne.
Une synthèse de ces dossiers est consultable en Mairie lors
de l'Enquête Publique. |
7. Quel est l'impact du nucléaire sur l'environnement ? 
Chaque Installation Nucléaire de Base (INB) fait l'objet d'un
décret d'Autorisation de Rejets d'effluents gazeux ou liquides,
délivrée par la DGSNR, après validation de l'Etude
d'Impact fournie par l'Exploitant Nucléaire, garantissant l'absence
de conséquences sur l'environnement et le public. Les rejets
des Installations, effectivement constatés chaque année,
restent bien inférieurs à ces valeurs (quelques %).
Pour s'en convaincre, il suffit d'interroger les riverains des installations
en exploitation. Les dégâts les plus graves de l'énergie
nucléaire, causés à l'environnement, sont incontestablement
produits par les stériles (la terre et les roches qu'il faut
dégager pour atteindre les filons) des mines d'extraction
de l'uranium (comme pour les mines de charbon ou de fer !). Pour
le cycle du combustible et les réacteurs, les conséquences
sur l'environnement sont inférieures à 1 % de celles
de la radioactivité naturelle.
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8. A quoi sert le retraitement du combustible nucléaire ? 
Après une première utilisation en réacteur, le
combustible conserve encore près de 97 % de son potentiel énergétique.
Les pays riches en uranium (USA) ont pris le parti de stocker les
éléments combustibles en l'état, après
leur déchargement des réacteurs. Les pays moins bien
dotés (France, GB, Japon et bientôt Chine) se sont orientés
sur un multi recyclage permettant de multiplier par un facteur 100
la ressource d'énergie disponible et de diminuer considérablement,
par un facteur 15, les déchets ultimes et d'en réduire
la nocivité potentielle. Malgré l'arrêt regrettable
de la filière des surgénérateurs, avec la fermeture
de Super-Phénix, la France utilise le plutonium dans les réacteurs
à eau légère (REP) sous forme de combustible
MOX (Mixed OXydes - d'uranium et de plutonium) qui permet dores et
déjà à EDF d'économiser 10 % sur son approvisionnement
en uranium naturel. L'expérience de l'usine COGEMA de La Hague,
depuis 1976, largement financée par des contrats internationaux,
fait la preuve de la maîtrise des procédés, y
compris du traitement et du conditionnement des déchets (vitrification)
et de l'impact sur l'environnement (diminution d'un facteur 50 des
rejets ? et ? entre 1984 et 1998).
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9. Que faire des déchets de l'industrie nucléaire ? 
La matière nucléaire primaire provient du sol de la
planète, alors il n'est pas choquant, qu'après utilisation
partielle, elle y retourne (comme pour les cendres du charbon, sachant
que 1 kilogramme d'uranium produit autant d'énergie que 10
tonnes de charbon). Certes, les déchets ultimes sont plus
concentrés et comportent d'autres radionucléides,
mais l'industrie nucléaire se conforme strictement aux lois
sur la protection de l'environnement et la maîtrise des déchets,
en prenant soin de ne pas disperser ses déchets ultimes,
de les identifier de façon précise, de les confiner
de façon rigoureuse, de les stocker dans des lieux spécifiques
et d'en assurer la surveillance. Après traitement, les déchets
nucléaires à vie longue représentent 10 grammes
par personne et par an, alors que les déchets toxiques de
l'industrie classique sont de 100 kilogrammes par personne et par
an.
Selon la loi Bataille, votée en 1991, une décision
parlementaire sur le mode de gestion des déchets à
vie longue doit être prise en 2006, à l'issue d'une
période de 15 ans de recherches et d'essais, qui a permis
de démontrer que l'industrie nucléaire dispose de
tous les moyens techniques pour en assurer le conditionnement et
le stockage, sans contrainte ni risque pour les générations
futures.
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10. Comment fait-on le démantèlement des installations
nucléaires ? 
En fin de vie, actuellement évaluée à 50 ans,
les Installations Nucléaires de Base (INB) sont démantelées
en application des recommandations de l'Agence Internationale pour
l'Energie Atomique (AIEA à Vienne - Autriche) en quatre étapes,
faisant chacune l'objet d'un décret et dont les trois dernières
sont soumises à une enquête publique. La première
est la Mise à l'Arrêt Définitif (MAD) qui,
sur décision de l'Exploitant Nucléaire, correspond à
la fin irréversible de l'exploitation. Le niveau 1 de
démantèlement porte sur la mise sous surveillance de
l'installation après évacuation des matières
nucléaires et des fluides radioactifs. Le niveau 2 est
une mise en sécurité dans l'attente de la décroissance
de la radioactivité des structures (cœur) pour réduire
les risques lors de leur démantèlement. Le niveau
3, correspondant à l'élimination de toute trace
de radioactivité qui ne serait pas d'origine naturelle et au
retour des lieux à une utilisation sans aucune limitation.
Des dizaines d'installations françaises ont
été démantelées et se trouvent à
l'une des quatre étapes, ce qui représente une solide
expérience permettant d'assurer que l'industrie nucléaire
maîtrise la "fin de vie" de ses installations ;
à cet effet, des provisions financières considérables
sont constituées par les Exploitants.
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11. Quels ont été les accidents nucléaires ? 
Il y a près de 60 ans que des réacteurs nucléaires
fonctionnent. Il y en a actuellement plus de 450 en service dans le
monde ayant connu quelques incidents mineurs et seulement un accident
grave : Tchernobyl. Hélas ! Trois fois hélas ! Toutefois,
cette catastrophe aurait dû être évitée,
les experts français avaient prévenus les autorités
d'URSS de l'instabilité de ce type de réacteur et l'accident
s'est produit lors de mauvaises manipulations effectuées par
des opérateurs non qualifiés. L'accident ne met donc
pas en cause le principe du recours à l'énergie nucléaire,
mais démontre la nécessité de compétence
et de sûreté qu'il faut appliquer à des sources
d'énergie d'une telle puissance. Les événements
survenant dans les installations nucléaires sont classés
par l'échelle INES, qui compte sept niveaux. On relève
les événements suivants : 1 classé au niveau
7 à TCHERNOBYL (1986), 1 au niveau 6, explosion d'une cuve
en URSS (1957), 2 au niveau 5 à WINDSCALE (1961) et THREE
MILE ISLAND (1979 – sans conséquence sur l'environnement
et les opérateurs), 3 au niveau 4 dont, en France, le cœur
de St Laurent. On parle d'incidents pour les niveaux inférieurs.
Chaque déclaration faite par l'Exploitant Nucléaire
est analysée et les moyens de protection sont appliqués
à l'ensemble du parc en exploitation, contribuant à
améliorer fortement le niveau global de sécurité.
Pour plus d'informations voir le site www.asn.gouv.fr.
Il faut noter que l'on ne dénombre aucun cas d'irradiation
grave parmi le personnel d'exploitation du parc électronucléaire
français. Qu'elle source d'énergie peut se vanter
du même niveau de sûreté ? A titre de comparaison,
sur la même période on déplore sept naufrages
de pétroliers sur les côtes françaises ayant
causé le décès de 36 marins.
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12. Quel sont les contrôles contre la prolifération ? 
Le Traité de Non Prolifération a été signé,
depuis 1970, par 182 pays : 5 pays sont officiellement dotés
d'armes nucléaires (La France, la GB, les USA, la Russie et
l'Ukraine), 4 pays n'ont pas signé le traité et en disposeraient
également (l'Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et
Israël) auxquels il faut ajouter l'Iran qui a tenté de
s'en doter. Le Protocole Additionnel de Surveillance a contribué
à mettre fin à l'armement nucléaire de plusieurs
pays (Afrique du Sud, Mexique, Argentine, Algérie, l'Irak,
etc.), 71 pays utilisent l'énergie nucléaire et se soumettent
de façon satisfaisante aux contrôles de l'AIEA (déclaration
des mouvements de matières nucléaires, inspections et
surveillance permanente par détecteurs ou caméras vidéo).
Aucun pays ne s'est doté de l'arme nucléaire à
partir des centrales électronucléaires (ce qui serait
techniquement très difficile), mais toujours à l'aide
de réacteurs spécifiques, spécialement développés
dans ce but.
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13. Comment est assurée la transparence sur le nucléaire
?
Certes, dans les années 1950, la mode n'était pas pour
une communication très "expansive", car il s'agissait
de préserver des acquis industriels et militaires majeurs pour
la France. Dès les années 1960 des informations ont
été diffusées. L'industrie nucléaire,
totalement sous le contrôle des pouvoirs publics, démocratiquement
élus, est placée entre les mains d'organismes d'Etat
(le CEA, EDF, AREVA) et elle a rapidement été encadrée
par des textes légaux, publiés au Journal Officiel.
C'est ainsi, qu'aujourd'hui, les activités nucléaires
font l'objet du GUIDE N° 1420 du JO regroupant en près
de mille pages tous les textes sur "La Protection contre les
rayonnements ionisants". Deux organismes d'Etat en contrôlent
l'application : la Direction Générale de Sûreté
Nucléaire et de Radioprotection (DGSNR) dépendant de
cinq ministères et l'Institut de Radioprotection et de Sûreté
Nucléaire (IRSN) dépendant de sept ministères
(voir les sites Internet asn.gouv.fr et irsn.fr ainsi que les sites
minitel MAGNUC et TELERAD). Tous les sites nucléaires peuvent
être visités soit directement en se présentant
sur l'Installation, soit après en avoir fait la demande préalable
(plan vigipirate oblige), soit lors des "Portes ouvertes"
régulièrement organisées. En 1981, des Commissions
Locales d'Information (CLI) ont été mises en place
pour chaque grand équipement énergétique, regroupant
des élus locaux sous l'égide des Conseils Généraux
des départements.
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14. Existe-il un "lobby" nucléaire ? 
Cet anglicisme signifiant "groupe de pression" (Petit Robert)
n'est certainement pas applicable aux acteurs du nucléaire,
mais s'adapte parfaitement à leurs opposants. Le nucléaire,
en France, a été lancé par le Général
de Gaulle en 1945 et reste encore, de nos jours, sous le contrôle
total des instances gouvernementales, démocratiquement élues.
Quant aux industriels, leurs capitaux sont majoritairement détenus
par l'Etat qui en nomme les dirigeants. La seule pression qui existe
est celle de la conscience des acteurs du nucléaire de maîtriser
une source d'énergie irremplaçable en assurant l'indépendance
énergétique de la France à plus de 50 % (et 77
% pour l'électricité), sur plusieurs siècles
en ayant recours à la surgénération, à
des coûts faibles et maîtrisés, en assurant la
protection de l'environnement (pas de gaz à effet de serre)
et en créant des milliers d'emplois sur le territoire national.
Quand aux nucléocrates, je ne connais aucun ministre qui
est été nommé du seul fait de venir du nucléaire,
ce qui n'est pas le cas des "vérocrates".
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